Hooka Hey, du rock et de la route

Dix jours, dix concerts (soit deux fois plus que l’année dernière). Tel est le rythme qu’a tenu le groupe de rock et « heavy blues » d’Austin Hooka Hey, mené par le Français Hugo de Saint-Quentin, pendant South by Southwest.

Au moment où le volet musical du festival battait son plein, cela a représenté jusqu’à trois concerts par jour pour le groupe, fondé en France en 2008 et reformé à Austin il y a un an et demi, lors de l’installation du musicien français dans la capitale du Texas. Trois chargements et déchargements de véhicule avec tout le matériel nécessaire pour se produire, trois trajets et trois stationnements dans des artères saturées par la présence de centaines de milliers de festivaliers, et trois espaces différents auxquels s’adapter pour captiver son auditoire.

« Quand tu es un groupe en développement comme le nôtre, tu veux cette exposition », commente le guitariste, chanteur et auteur-compositeur, qui venait de conclure une tournée de « 4 200 miles en quinze jours » jusqu’à New York, bien souvent « dans la neige » afin de faire la promotion de son dernier EP Untamed, le premier entièrement composé et enregistré au Texas, avant de se lancer dans ce nouveau marathon. Mais après des semaines « intenses » et « beaucoup de dates depuis décembre », « on finit sur les rotules », reconnaît Hugo de Saint-Quentin.

Après s’être assuré les services d’une attachée de presse et d’une agente pour la tournée, il est donc temps pour Hooka Hey de se doter d’un manager afin de décharger le Français du travail de gestion et de promotion du groupe, afin de lui permettre de se concentrer sur la musique. Celle-ci est décrite comme « chargée comme l’atmosphère avant l’orage » et inspirée des sons de groupes comme The Black Keys, Them Crooked Vulture ou encore The Raconteurs.

Et même s’il est encore trop tôt pour mesurer l’impact de ce premier “vrai” South by Southwest pour le groupe, le chemin parcouru depuis l’année dernière, quand Hugo de Saint-Quentin « cherchait encore les musiciens qui avaient le bon son », est prometteur.

Rares sont les révélations majeures à South by Southwest, où des milliers de musiciens venus du monde entier assurent des centaines de concerts chaque jour. Mais comme les tournées, un festival de l’envergure de South by Southwest permet d’aller à la rencontre de nouveaux fans potentiels.

« Le public local ne vient pas sur ces concerts : il préfère découvrir les groupes faisant le déplacement à Austin pour l’occasion », explique Hugo de Saint-Quentin. « Pour nous, l’enjeu était d’être sur les showcases qui ramènent du monde afin d’implanter Hooka Hey comme un groupe rock qui marche ». Au vu du récent marathon, le pari est tenu.