Rencontre avec Revolver

« Pop de chambre », c’est ainsi que le groupe Revolver se qualifie. « Pop » pour l’influence des Beatles ou encore d’Elliott Smith sur leurs compositions. Et « chambre » comme une référence à leur formation classique à la maîtrise de Notre-Dame de Paris, le violoncelle et l’harmonie des trois voix qu’ils utilisent dans leurs chansons.

Depuis sa formation en 2006, ce trio de jeunes musiciens parisiens a écumé les festivals de l’Hexagone. Revolver entament sa première tournée d’un mois aux Etats-Unis et au Canada. Avant leur concert samedi soir au Mercury Lounge, French Morning a posé quelques questions à Jérémie Arcache, le violoncelliste du groupe.

French Morning : Pourquoi venir aux Etats-Unis était-il si important pour votre groupe ?

Jérémie Arcache : Quand on est venu la première fois aux Etats-Unis en octobre dernier pour des festivals à New York et à Los Angeles, on a rencontré un tourneur. Il a bien aimé notre musique et a organisé une tournée d’un mois aux Etats-Unis, c’était le rêve qui devenait réalité. On a toujours rêvé de jouer notre musique ici car c’est le pays où la musique qui nous inspire est née.

Est-ce différent de se produire devant un public américain ?

Le public américain n’a pas la même culture musicale. La pop music relève plus de la culture des Etats-Unis que de la culture française. On a ressenti tout de suite en venant ici que l’on avait plus le même langage musical avec les Américains. Le fait aussi de chanter devant des personnes qui comprennent ce qu’on chante, on interprète les chansons différemment car les gens sont plus attentifs aux paroles.

Pourquoi chanter en anglais ?

C’est à cause de la musique que l’on fait. En français ça ne marche pas quand on veut harmoniser à trois voix. Le français a un côté plus soliste avec une mélodie particulière dans le rythme des mots. L’anglais est plus dans l’arrondi, permet d’avaler des mots, c’est plus mélodique et harmonique.

Quels sont vos impressions sur New York ?

Il y a une vraie puissance dans cette ville. Quand on vient ici on prend un bain d’énergie incroyable, même au niveau artistique c’est inspirant et ultra dynamique. Les gens sont très motivés, entreprenants quand on a un projet. En venant ici en octobre dernier, on avait déjà commencé à écrire des chansons, le fait d’aller aux Etats-Unis nous a surmotivés. Et pendant que l’on était là et même en revenant, trois ou quatre chansons sont nées en deux semaines. On avait l’impression en venant ici de pouvoir défendre réellement la musique que l’on fait.

Peut-on prendre la grosse tête avec une tournée d’un mois aux Etats-Unis ?

On tourne dans d’énormes villes américaines mais les salles où on se produit sont toutes petites. En France on avait l’habitude de faire des salles de 500 à 1000 personnes et donc d’avoir du monde, et que le public nous soit quand même un peu acquis. En venant ici, les personnes nous découvrent et on est renvoyé dans une sorte d’anonymat. On doit convaincre les gens. C’est une motivation saine qui ne relève pas de l’égo. On n’est pas du genre à se prendre la tête, on s’équilibre dans le groupe.

(Photo : Nicolas Hidiroglou)

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