Matterhorn, un petit coin de Suisse au coeur de San Francisco

Natalie Horwath dans son restaurant suisse, Matterhorn. Crédit: Hélène Labriet-Gross

Une vache sur le trottoir, une silhouette de paysages alpins en façade…Il suffit de pousser la porte d’un immeuble plutôt anodin de Van Ness Avenue pour se retrouver immédiatement transporté dans les alpages suisses.

En septembre 2018, après des années de service, le restaurant Matterhorn fermait ses portes. Un an plus tard, il vient de réouvrir, avec à sa tête, Natalie Horwath et son mari Jason, des Américains épris de la Suisse, où ils ont passé plus de trois ans: “Pendant notre séjour helvète, je suis tombée amoureuse de leurs fromages, et de la convivialité des repas”, confie Natalie Horwath. “Depuis notre retour en Californie, qui date déjà de 2013, j’avais dans l’idée de recréer les recettes suisses que j’avais tant aimées.” Natalie et Jason Horwath expérimentent d’abord le concept en lançant des pop up raclette et fondue dans le Golden Gate Park en 2016:“Nous voulions nous assurer que les goûts plus prononcés de ces fromages trouveraient leur public aux Etats-Unis”, précise en souriant Natalie Horwath. “Les 14 pop up ont été un essai couronné de succès qu’il ne restait plus qu’à transformer.”

L’intérieur tout en pin du Matterhorn. Crédit Hélène Labriet-Gross

Le départ à la retraite des anciens gérants du Matterhorn tombe alors à pic: les Horwath convainquent rapidement le propriétaire des murs, lui-même suisse originaire du Valais, qu’il faut donner une deuxième vie au restaurant. “Nous avons gardé de nombreux éléments de l’ancien Matterhorn, comme les lampes et le mobilier en pin, que le propriétaire a fait venir de Suisse, auxquels nous avons ajouté des nouveautés, comme une vraie cabine de téléphérique datant de 1968, parfaite pour manger à deux. Mon mari a également installé un train électrique à l’arrière du restaurant, dans un décor directement inspiré par la Suisse.” Si Natalie Horwath règne sur la cuisine et la logistique, son mari s’est beaucoup investi dans la décoration et l’esthétique des lieux, tout en gardant son métier dans l’informatique.

La cabine de téléphérique spéciale dîners romantiques. Crédit Hélène Labriet-Gross
Le train miniature du Matterhorn. Crédit Hélène Labriet-Gross

Le fromage est naturellement mis à l’honneur dans la nouvelle disposition du Matterhorn: les meules de raclette et d’Emmental sont exposées dans une vitrine, bien en évidence aux yeux des convives. “Notre menu est simple, avec raclette et trois types de fondues, et quelques options sans fromage, comme le plateau de charcuterie ou les rösti. Nous mettons l’accent sur la qualité des ingrédients, bio pour la plupart et locaux autant que possible.” Les fromages sont principalement importés de Suisse et de France, avec une exception américaine (raclette du Vermont) et un fromage de chèvre belge. La fondue “moitié-moitié”, mélange de gruyère et de vacherin fribourgeois est la plus populaire.
Boulangère-pâtissière de formation, Natalie Horwath met son expérience au service du Matterhorn en confectionnant des scones, des tartes, des viennoiseries et des bretzels qui sont uniquement disponibles du mardi au vendredi, de 9 à 11am. Le pain servi pendant le dîner est également fait maison.

Deux mois après sa réouverture, Natalie et Jason Horwath continuent à ajuster leur offre gourmande au Matterhorn: “Nous voulons que les gens se sentent bien dans notre restaurant, qu’ils se s’en lassent pas et qu’ils y reviennent souvent. Souvent, les restaurants de raclette et de fondue imposent des proportions pour deux personnes: ici, on peut s’attabler seul au bar, commander sa portion de raclette en sirotant un bon verre de vin, en toute simplicité et convivialité.”