Dans le Design District, terre de luxe et d’art

Depuis quelques années, les boutiques de luxe poussent comme des champignons dans le Design District, ce quartier si singulier de Miami. Coincé entre les très populaires Overtown et Little Haïti, rien ne laissait présager que cet ancien quartier d’entrepôts désaffecté deviendrait le nouveau lieu branché de Miami.

L’implantation progressive de galeries d’arts boostées par le succès de la grande foire d’art contemporain « Miami Art Basel » a apporté une nouvelle identité culturelle au quartier. L’ouverture récente de boutiques de luxe est donc bien le résultat d’une stratégie marketing longuement réfléchie. Christophe Maincourt, ancien PDG du groupe Cartier pour les Amériques et actuel président de la Chambre de Commerce Franco-Américaine de Miami, raconte la genèse du projet : “Craig Robbins, le promoteur du Design District, avait depuis des années la vision de combiner l’Art Contemporain avec l’industrie du luxe. Ces décisions d’investissements sont ensuite venues de la situation de sous-distribution en Floride du Sud. Les marques avaient besoin d’étendre leur réseau de boutiques. Le Design District présentait le “challenge” d’attirer un trafic de rue dans une zone excentrée et peu fréquentée.“. 

Les marques ont alors parié sur ce mariage entre l’art contemporain et le luxe dans un quartier quasiment refait à neuf : “Il fallait un concept capable de créer un événement permanent et donner au quartier un statut de destination. Les marques ont non seulement relevé le défi mais elles en ont été les instigateurs.

Christian Louboutin a été la première marque à s’installer. Le saut déterminant s’est ensuite opéré lorsque le Groupe LVMH a décidé d’investir dans un immeuble pour présenter ses marques. Cartier s’est alors déplacé de Bal Harbour, quartier chic au Nord de Miami, au Design District en 2012. Hermes, Prada et Louis Vuitton lui ont emboité le pas.

Pour Christophe Maincourt, l’heure n’est pas encore à l’analyse des résultats commerciaux. Il reste cependant très optimiste sur l’avenir et le succès du projet : “le Design District sera un laboratoire alchimique de rencontre de forces créatives d’origine artistique, culturelle et commerciale”.