Pourquoi les Américains adorent les late shows?

Les late-night shows font le bonheur des chaînes américaines – et des soirées cocooning – depuis soixante ans. Même si d’autres pays ont adopté ce format télévisuel, les Etats-Unis semblent être le seul pays à le maîtriser. Pourquoi un tel succès? C’est la question bête de la semaine.

Les Américains, en rentrant du travail, cherchent une façon facile de se relaxer, et les late-night shows permettent de se déstresser, explique Stephen Winzenburg, professeur de communication à Grand View College à Des Moines dans l’Iowa. Ce sous-genre du talk-show – un mélange subtil entre monologues, interviews, sketches et performances scéniques – s’invite dans les foyers en deuxième partie de soirée, cinq jours par semaine.

Mais du talk-show, les émissions populaires comme “Late Night With David Letterman” ne retiennent plus que le show. Alors que la plupart des hosts historiques comme Jay Leno ou Johnny Carson parlent pendant la moitié de l’émission, les interventions de Jimmy Fallon – le successeur de Jay Leno depuis février sur NBC – n’occupent que 37% du temps d’antenne. Depuis, plus de 12 millions de spectateurs regardent “The Tonight Show”.

Jimmy Fallon est un parfait exemple : son émission met l’accent sur l’entertainment à travers des parodies, ou en jouant au beer-pong avec des célébrités. Tout est fait pour que vous n’ayez pas à réfléchir“, ajoute Stephen Winzenburg. La clé du succès, selon lui…

Au départ, les chaînes offraient des late-night showsplus intellectuels” où l’invité discutait avec le présentateur de sujets sérieux. Si les émissions sont aujourd’hui plus décalées, c’est, selon Stephen Winzenburg, en raison de la concurrence. “Avant, il n’y avait que trois chaînes, explique-t-il. Maintenant, le public a le choix entre des centaines de programmes. Du coup, il faut retenir son attention au maximum.

C’est là que le bât blesse pour le professeur en communication. En substituant l’entertainment à l’information, “certains animateurs se permettent d’évoquer des faits politiques ou des événements alors qu’ils ne sont pas journalistes de formation. Le public veut connaître l’opinion du présentateur du Daily Show; mais John Stuart est un humoriste à la base. Il l’a d’ailleurs dit lui-même: ‘It’s a fake show’.