Emmanuel Itier, le réalisateur protégé de Sharon Stone

Emmanuel Itier avec l'actrice Sharon Stone

Emmanuel Itier, 45 ans, est certainement l’un des réalisateurs les plus enviés d’Hollywood. Depuis près de cinq ans, l’intéressé, installé à Santa Barbara, travaille  de manière étroite avec Sharon Stone. Une relation professionnelle née à la suite d’un projet original, mûrement développé par Emmanuel Itier : «Je travaille dans le cinéma depuis la fin des années 80, explique-t-il. Petit à petit, je me suis orienté vers le genre fantastique, avec notamment la réalisation du film ‘Scarecrow’ en 2002 qui a connu son petit succès. En 2005, lorsque j’ai appris que j’allais être papa pour la première fois, je me suis dit qu’il était temps de me lancer dans une entreprise plus importante, à savoir un documentaire sur la compréhension du monde, sur le fait de faire partie d’un grand ensemble qui ne se résume pas aux religions et aux conflits.»

L’intéressé se lance alors dans une œuvre baptisée «The Invocation», qui le mène aux quatre coins du monde. Il rencontre notamment le Dalaï Lama, l’archevêque sud-africain Desmond Tutu, Deepak Chopra, les responsables des religions monothéistes, ainsi que de grands témoins comme le réalisateur Oliver Stone, les acteurs Malcom McDowell ou Mark Wahlberg. Et cerise sur le gâteau, Sharon Stone accepte de prêter sa voix en tant que narratrice.

«Sharon est moi c’est une longue histoire d’amour», s’amuse Emmanuel Itier dans un clin d’œil. «Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que ce ne fut pas le coup de foudre. Ce fut une longue drague et cela m’a pris cinq ans pour la convaincre de monter à bord du projet ! Je l’avais rencontrée grâce à une amie, Nathalie Dubois, à la tête d’une boîte de relations publiques. Mais en dépit de cette connaissance commune, le chemin a été long. J’ai du lui montrer au moins dix montages du film avant d’obtenir son accord. Heureusement, grâce à mon anglais mâtiné de français, elle a fini par tomber sous le charme. A l’usure !»

Sorti fin 2009, le documentaire rafle une dizaine de prix à travers le monde. «Il a été mal distribué au début, mais grâce au succès, il sortira à nouveau dans quelques mois aux USA  et en France.»

Dans la foulée, Emmanuel Itier s’est attelé à la réalisation d’un nouveau documentaire, sur les femmes. Séduite par l’idée, Sharon Stone a cette fois décidé de le co-financer et de le produire. Les chanteuses Annie Lennox et Yoko Ono ont également embarqué dans l’aventure en offrant une chanson. «Le soutien est fantastique. Nous avons eu beaucoup de réponses positives et nous avons pu travailler vite. Nous sommes d’ailleurs en post-production. La sortie devrait se faire à la fin de l’année. Il ne reste plus qu’à attendre la réponse des narrateurs potentiels.» Et une fois encore, le Bourguignon a décidé de frapper fort, contactant Brad Pitt, George Clooney et Johnny Depp.

Quant à Sharon Stone, elle ne se contente pas de soutenir le documentaire, puisqu’elle fait aussi partie des personnalités interrogées dans celui-ci : «Aujourd’hui, on s’adore. Pour ‘Femme’ elle m’a aidé à avoir quelques noms et surtout elle m’a donné une super interview. Pour un petit Français, c’est quand même le rêve. ‘Femme’, c’est un peu mon ‘Casino’ à moi, sauf que personne ne meurt à la fin !»

Au passage, Emmanuel Itier vante le professionnalisme et l’intelligence de celle grâce à qui il peut mener à bien ses projets : «Travailler avec elle est super stimulant. C’est quelqu’un d’ultra exigeant qui te pousse toujours au-delà de tes limites et tente de tirer le meilleur en toi. Elle se donne totalement, sans retenue, et peut passer 24h non stop à bosser avec toi. Donc, pour ça aussi, c’est super comme collaboration. On a prévu de continuer de bosser ensemble dans le futur. D’un côté, je vais tenter de l’aider à monter son premier film en tant que réalisatrice – et j’y crois beaucoup -. D’un autre, je cherche un script pour la mettre en scène dans un beau drame. J’ai l’idée de faire un long métrage qui serait un mix de “La Banquière” (avec Romy Schneider) et “L’Héritier” (avec Belmondo). En attendant, on continue de bosser dur et de rêver à voix haute! C’est ça le rêve américain !»