De plus en plus de films américains sont tournés en France

Tourner en France ? De plus en plus de producteurs américains se laissent tenter, en particulier depuis le mois de janvier 2016.

Les professionnels du milieu du cinéma, qui se réunissaient lors du salon mondial des lieux de tournages (Locations and Global Finance Show) du 21 au 23 avril à Los Angeles, l’ont constaté. C’est l’un des effets des 10% de crédit d’impôt supplémentaires accordés par le fisc français aux productions étrangères qui viennent tourner en France.

« Pour les Américains souvent c’est l’argent qui compte avant toute chose », affirme Thomas Buchwalder de Cactus Films, une société de production française qui ne travaille que sur des projets films étrangers.

Concrètement, si un producteur américain dépense un million d’euros lors d’un tournage en France (le minimum pour bénéficier de la ristourne), il recevra 300 000 euros en virement de la part du fisc français, en guise de remerciement pour sa visite.

Ce principe d’incitation fiscale existe partout dans le monde, mais la France restait à la traîne par rapport aux offres de certains de voisins européens. Désormais, elle devient plus compétitive. Pour preuve : au cours des trois premiers mois de 2016, “il y a eu autant de projets de films agréés qu’au cours de toute l’année 2015”, constate avec un sourire Stephen Bender de Film France, l’organisme chargé de promouvoir la “destination France” auprès des producteurs de films étrangers.

Ainsi, contrairement à Steven Spielberg qui tourna “Il faut sauver le Soldat Ryan” en Irlande, le réalisateur américain Christopher Nolan filmera « Dunkirk », un long métrage sur la seconde guerre mondiale, dans le nord de la France.

Un autre projet américain « très, très ambitieux » devrait également être tourné en France à la fin de l’année, d’après Thomas Buchwalder, qui n’en dira pas plus – si ce n’est qu’il fait partie d’une série de films dans l’esprit de James Bond.

Mais si l’effet 30% est bien réel, tourner en France est plus cher que dans certains autres pays. A commencer par l’Angleterre, qui inclut les salaires des comédiens dans son système de rabais fiscal, contrairement au dispositif français.

C’est pourquoi Londres reste un véritable « hub du cinéma américain », d’après Stephen Bender. « Mais les Américains ont toujours cette envie de tourner en France. C’est plus enthousiasmant de dire à sa comédienne qu’elle va tourner à Paris ou en Provence qu’en Roumanie ! », poursuit-il.

D’où l’intérêt de présenter d’autres arguments que fiscaux aux producteurs intéressés par la France : la variété des paysages, la qualité des infrastructures techniques (présence de nombreux studios de tournage, comme la Cité du cinéma ou les studios de Bry-sur-Marne) et le professionnalisme des équipes.

« Généralement les Américains ont une mauvaise image des Français parce qu’ils croient qu’on fait des pauses et des grèves toutes les cinq minutes », raconte Filip Trad de la société de production Filmar. « Alors qu’avec le régime de l’intermittence et la possibilité de tourner six jours par semaine, le système français est plus souple qu’aux Etats-Unis. » Et la pause obligatoire à déjeuner, exception culturelle française ? « Elle permet aux producteurs exécutifs de réajuster leur programme à la mi-journée, et ça aussi c’est un avantage ! »