Antoine Roset n’est pas là pour meubler

Il est l’un des movers and shakers du design à New York. Cela fait six ans qu’Antoine Roset, 32 ans, pilote la filiale américaine de Ligne Roset, la société qu’a fondée son arrière arrière grand-père à Briord près de Lyon. Il a réussi à faire passer la marque à travers les gouttes de la crise et s’atèle aujourd’hui à son développement (essentiellement à travers des franchises) en Amérique du Nord et du Sud, également sous sa responsabilité. “Il y a deux façons de se présenter, plaisante-t-il. Tous les jours, professionnellement, je travaille dans l’”ameublement”. C’est le terme qui définit vraiment. Le soir, si on veut faire le malin, on dit qu’on est dans “design”. Le côté glamour est une petite partie de notre métier. Ce qui nous intéresse, c’est le reste.“

Après une école de commerce, Antoine Roset (qui porte le même prénom que son ancêtre, le fondateur) a commencé sa carrière pour la marque de montres de luxe IWC à Paris. “Je n’ai pas fait mes études en fonction de la société familiale. J’ai travaillé pour le groupe Richemont pendant quatre ans. Et puis un jour mon père est venu et m’a dit : si tu veux travailler pour nous, on cherche quelqu’un à New York. Mon cousin [qui travaille aussi dans la société au siège] a fait la même chose.”

L’entreprise est dirigée par les hommes de la famille. “Pour quelle raison? Je ne sais pas. C’est mon grand-père qui a vraiment lancé la société, un self made man. Il a pris ses deux fils. C’est un boulot assez masculin, il y a de plus en plus de femmes dans le design, ce qui est une très bonne chose. C’est très industriel…Ce n’est pas très glamour de produire un meuble.”

Le côté “paillettes” n’est pas sa tasse de thé (en inox).  L’entreprise compte 1 100 employés à travers le monde et collabore avec une centaine de designers. Roset est multi-facettes : impliqué dans la gestion des points de vente, la prospection, le développement de la marque, le marketing… Ligne Roset compte aujourd’hui 35 points de ventes en Amérique. Deux magasins phares sont à New York : l’un de 500m2 sur Park Avenue près de Union Square et un autre dans le design district à SoHo.

Quelle est la différence entre les goûts français et américains en matière de design? “L’une des caractéristiques principales : les Européens aiment les canapés et fauteuils séparés dans leurs salons; les Américains sont fans des “sectional”, c’est-à dire les canapé en forme de L, des pièces qui s’assemblent.”

Dans son appartement près de Union Square, Antoine Roset a un canapé et un fauteuil séparés, à la française…D’ailleurs, quand le temps sera venu, il retournera à Briord,  travailler avec son oncle, son père et son cousin à la direction du groupe. “ Ce qui fait le succès de la marque; c’est qu’on a toujours été près de l’outil de production.” Mais pas tout de suite : l’ouverture de trois nouveaux magasins est prévue avant l’été, à Washington DC, Houston au Texas et Calgary au Canada.