A Petaluma, un pique-nique à l'accent béarnais

La date du 6 mai sera à marquer d’une pierre blanche pour les adhérents de la Ligue Henri IV, association des Béarnais de la région de San Francisco. Ce jour-là, ils accueilleront en effet une délégation d’une quarantaine de personnes venues de France, afin de participer à leur pique-nique annuel organisé à Petaluma.

«L’idée vient de l’un de nos anciens présidents, Charles Segalas, qui avait pris des contacts au pays», explique Louis Lucq Jr., directeur de la Ligue Henri IV. «L’invitation a fait son chemin et nous sommes ravis d’effectuer ce pont entre le Béarn et la Californie. Chacun d’entre nous va accueillir quelques personnes de cette association, «la Garbure», durant deux jours et nous pourrons créer de nouvelles amitiés, tout en célébrant nos origines.»

Près de 400 personnes sont attendues pour ce barbecue «dans un esprit familial», entre bonne chère, chants pyrénéens et traditions béarnaises. «L’an passé, nous avions cuit 26 moutons. Mais pour accueillir nos cousins français, nous essaierons de faire mieux !»

Pour les membres de la Ligue Henri IV, ce rendez-vous sera aussi l’occasion de rappeler que «la Californie est une terre béarnaise». De Sacramento à Los Angeles, les natifs des Pyrénées, venus proposer leurs services en tant que bergers au siècle dernier, ont laissé leur empreinte et transmis à leurs enfants leur amour du Sud Ouest.

Leur association, fondée en 1895 par des immigrants souhaitant proposer une structure dédiée à l’entraide, la camaraderie et la protection de Béarnais, s’est développée au fil des ans pour devenir la plus importante association française de la côte Ouest des Etats Unis. «Actuellement, nous comptons plus de 800 adhérents. La Ligue est très active et nous recevons entre 3 et 5 demandes d’adhésion tous les mois.»

«La ligue accueille de nouveaux membres, par cooptation, sans se soucier de savoir d’où qu’ils viennent, explique Jean-Pierre Bernard, président actuel de la Ligue. En revanche, pour faire partie du comité directeur, il faut avoir des liens avec le Béarn ou certains départements limitrophes : Landes, Gers, Hautes Pyrénées.»

En dépit de son ancienneté, l’association bénéficie ainsi de sang neuf et ne se limite pas aux descendants des premiers Béarnais : «Evidemment, nous comptons beaucoup d’enfants ou petits enfants, comme moi, qui n’ont plus la nationalité française mais qui restent fiers de leurs origines, poursuit Louis Lucq Jr. Mais nous comptons aussi de nouveaux expatriés. Ils nous enrichissent et resserrent les liens avec la région de nos parents.»

Le site de la «Ligue Henri IV» ici