“À l’ancienne”, les soirées qui font danser les Français de San Francisco

@JordanTahi

Qui eût cru que la musique française des années 90-2000 s’inviterait un jour dans les boîtes de nuit californiennes ?

Derrière ce pari audacieux se cache Jordan Tahi, Annécien installé au pays de l’Oncle Sam depuis quinze ans. Serveur le jour et fin mélomane la nuit, il est le fondateur des soirées “À l’ancienne”, qui font danser les nostalgiques sur des tubes bien de chez nous. La prochaine aura lieu le 23 novembre.

Il a lancé ces soirées en juillet à l’Elbo Room, l’une des boîtes de nuit de Valencia Street. Cent soixante-dix personnes sont venues se déhancher. Un succès total et inespéré pour le trentenaire qui s’est lancé en solo dans cette nouvelle aventure. “J’avais vraiment peur que ça soit un échec. Je ne travaille pas dans l’événementiel ni même dans l’univers de la nuit et je me suis occupé de tout de A à Z. C’était risqué, car j’ai financé l’intégralité de la soirée. Ça l’est toujours mais j’ai réussi à faire ce qui me plaisait au moins une fois et ça m’a motivé à réitérer l’expérience. D’autant plus, que j’ai eu énormément de retours positifs, dit-il. Personne ne s’était imaginé danser sur du “Vas-y Francky, c’est bon”, encore moins sur “Tu me plais” à San Francisco.”

Pour réaliser son rêve, l’Américain d’adoption a dû trouver en moins de trois mois un DJ familier avec les sons qu’il souhaitait diffuser, un local pour accueillir les fêtards, mais aussi et surtout assurer la promotion de son événement. Pour cela, il a pu bénéficier d’un calendrier on-ne-peut-plus favorable avec la victoire des Bleus notamment.

Outre l’envie de partager son amour pour le rap français, Jordan Tahi aime également l’idée de créer du lien avec la communauté française, qu’il a perdue de vue. “Organiser ce genre de soirées me permet aussi de retravailler mon réseau d’expatriés. Depuis que je suis ici, je ne fréquente pas beaucoup de Français. C’était un choix au départ, mais maintenant, j’en ressens le besoin.” San Francisco est le point de départ d’une aventure qui pourrait se propager à l’ensemble du pays dans le futur. “Je vais là où les Français sont. Pour le moment, je me concentre sur San Francisco, mais pourquoi pas pousser le concept jusqu’à Los Angeles.