“Tine-Tine” en Amérique: 80 ans après

“The adventures of Tintin” est sorti de l’imagination de Spielberg et des studios d’Hollywood, mais c’est loin des Etats-Unis qu’il déjà rapporté quelque 250 millions de dollars. Les producteurs ont pris la décision, très inhabituelle, de lancer le film en Europe et en Asie avant de le sortir -ce mercredi- sur les écrans américains. Le but? Profiter du “buzz” créé ailleurs dans le monde pour attirer les spectateurs américains pour qui Tintin est un inconnu. Et la couverture du lancement dans la presse américaine confirme les craintes des producteurs: Tine-quoi? Le New York Daily News commence commence par exemple sa critique en notant qu'”évidemment, tout le monde ne connait pas Tintin, en tout cas de ce côté-ci de l’Atlantique”.

Depuis ses débuts, en 1929, Tintin a vendu 220 millions d’albums dans le monde. Et seulement 4 millions aux Etats-Unis… Bref, les amateurs américains de “Tine-tine”(et Snowy -Milou en anglais) font partie d’une élite éclairée. Et ils en sont ravis… C’est en tout cas ce que nous dit Eric Schine, rédacteurs en chef à Bloomberg News, mais surtout fervent tintinophile depuis son plus jeune âge. Tintin est aux antipodes des clichés de Super héros à l’américaine, nous dit-il: «ici, on aime les héros aux grand muscles, aux supers pouvoirs, ceux qui font rêver». Pas spécialement beau et grand «Tintin, résout les affaires en réfléchissant, en se servant de son cerveau ». C’est un « penseur ».

Apparu aux Etats-Unis, dans les années 60, Tintin souffrait d’une très mauvaise traduction et d’un manque de marketing, nous explique Eric Schine. Steven Spielberg, lui même ne connaissait pas le jeune reporter. Il l’a découvert seulement dans les années 80, grâce à un journaliste qui avait comparé l’aventurier campé par Harrison Ford dans Indiana Jones au personnage de Hergé.

Et puis il y a cette vision du monde de Hergé qu’Eric Schine qualifie pudiquement de “pas très politiquement correct”. En Europe il amuse, ici « il choque ». On se souvient de la polémique soulevée il y a deux ans lorsque la Brooklyn Public Library avait décidé de retirer de ses rayons “Tintin au Congo”, jugé raciste.

Pourtant Eric Schine reste un amoureux du personnage, «de ses dessins somptueux, simples et raffinés». «J’aime le fait aussi qu’il ne soit pas connu aux Etats-Unis», ajoute-t-il. «On ne retrouve pas Tintin dans les jouets que l’on vend chez Mac-do». Bref, Tintin est le héros de l’élite, intello et sans doute francophile. Ca ne va pas arranger son cas…

Sortie ce mercredi 21 décembre aux Etats-Unis.

 

Commentaires

  • Progys

    Cela fait bizard quand meme, car je suis allé dans cette bibliotheque (Brooklyn Public Library) et de voir que cet histoire est quand meme lut par les enfants et adultes (moins qu’en Europe lol) !! Mais d’autres oeuvre y sont referé comme “La rue case Negre” (Sugar Cane), bref ce sont l’élite qui le lit tous comme le Times c’est pas mal ! non ?