La seconde vie de Martine Fougeron, mère/photographe

Adrien on Blue Couch, par Martine FougeronAdrien on Blue Couch, par Martine Fougeron

Cet automne les photographies de Martine Fougeron sont exposées à la galerie Hermès sur Madison Avenue dans le cadre du festival FIAF “Crossing the Line.” On ne pourrait trouver de festival au titre mieux adapté à la vie-même de Martine Fougeron, qui a franchi de nombreuses lignes, d’un continent à l’autre, d’un métier à l’autre, de l’intime au professionnel.

 

Elle vient d’une vieille famille parisienne depuis plusieurs générations et d’un autre siècle: pas même du XXème, mais du XIXème. Un grand-père maternel a repris l’entreprise familiale de fabrication de limonade dans le XXème arrondissement de Paris alors qu’il adorait le cinéma et aurait aimé faire des films. Un autre grand-père était le fondeur des sculptures de Rodin. Du côté paternel, son grand-père entrepreneur dirigeait Michelin pour l’Asie du sud-est et a vécu à Hanoï et Saïgon. Le père de Martine, qui avait fait HEC où il avait rencontré sa mère, est rentré dans l’entreprise et parti diriger Michelin US quand elle avait cinq ans. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée à New York, élève au lycée français pendant les années Kennedy, à une époque où un jeune président marié à une femme francophone apportait une bouffée d’oxygène aux États-Unis et où il était rarissime, pour une adolescente française, d’être biculturelle.

Martine Fougeron

Martine Fougeron

Trouvant Martine trop rebelle et craignant qu’elle ne tourne mal, ses parents ont décidé de l’envoyer en France à douze ans, dans une pension dirigée par des bonnes soeurs. Martine a eu l’impression de se retrouver au Moyen-âge. Elle a commencé par accumuler les punitions et les colles avant de se prendre de passion pour les études. Elle a adoré la philosophie, Pascal, Nietzsche, Hegel, et la pédagogie des soeurs dominicaines.

Commentaires