Le « self made man »: plus français qu’américain?

A l’heure où les candidats à l’investiture républicaine déclament leur rejet de la société de classe à l’européenne, ils feraient bien de se plonger dans Une affaire de famille. C’est le titre d’un rapport de 2010 publié par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). On en tire plusieurs enseignements, dont celui-ci : il serait plus difficile de s’élever socialement aux Etats-Unis qu’en France.

Le rapport part du constat que le degré d’« élasticité intergénérationnelle des revenus » est plus fort aux Etats-Unis que dans de nombreux pays de l’OCDE. Il y atteint près de 0.5 contre un peu plus de 0.4 en France sur une échelle de 0 à 1 (0 étant synonyme de fluidité maximale). En français, cela signifie que les niveaux de revenu des enfants américains reflètent davantage ceux de leurs parents que les enfants français. Plus forte est la valeur de la transmission des niveaux de revenus entre générations, plus réduite la mobilité intergénérationnelle des revenus.

Même si la France devance légèrement les Etats-Unis, les deux pays restent loin derrière les pays nordiques, mais aussi l’Australie et le Canada, qui ont une élasticité des revenus inférieure à 0,2.

 

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