A Santa Barbara, Dujardin amuse et Bejo séduit

Jean Dujardin et Bérénice Bejo n’ont pas eu à attendre très longtemps, samedi 4 février, pour évaluer leur cote de popularité à Santa Barbara. Dans cette ville avec une très forte communauté française, l’arrivée des deux acteurs vedettes du film «The Artist» s’est transformée en quasi-hystérie dès l’apparition des véhicules transportant l’équipe du film.

Accueilli par un public hurlant «Loulou !» (surnom de son personnage dans la série télévisée «Un gars, une fille»), Jean Dujardin s’est rapidement débarrassé de son image de “french lover” pour enchaîner les pitreries et les bons mots, et les signatures d’autographes. «Il balance pas mal de vannes, s’amuse François, un Bordelais en vacances avec sa famille. Il est chaleureux, mais il calme vite les gens qui le prennent pour leur pote. C’est son côté Brice de Nice !»

“Son anglais est très mauvais”

Un bain de foule pas forcément prévu par le protocole, mais que les spectateurs ont su apprécier : «Il est sympa. Il a su prendre le temps de s’adresser à nous et de poser pour des photos. On ne s’attendait pas à tant», s’enthousiasme un groupe d’étudiantes françaises de l’université d’UCSB.

Un peu plus loin, Neescha et Rebecca, deux adolescentes californiennes, étaient toutes émues d’avoir pu approcher celui qui incarne le personnage de George Valentin dans “The Artist”: «J’ai pu lui faire la bise. J’ai essayé de lui parler en français, mais il ne m’a pas compris (rires). Ce n’est pas grave, car son anglais est aussi très mauvais !»

Ayant obtenu la signature de Jean Dujardin, Katherine, quant à elle, regrettait que l’acteur «ne porte plus la moustache comme dans le film. Il était so cute, so French !»

Moins exubérante que son partenaire à l’écran, Bérénice Bejo a, pour sa part, su conquérir le public en alliant le charme aux petites phrases en français, anglais ou espagnol (sa langue natale). Une aisance linguistique que les médias américains n’ont pas manqué de remarquer et d’apprécier, frustrés par les hésitations de Jean Dujardin : «Bérénice Bejo est notre vrai lien avec le film», confiait la journaliste de l’émission «Red Carpet» diffusée sur E ! Entertainement. «Elle s’exprime clairement et de manière plus développée. Jean Dujardin ne peut pas nous dire plus de deux phrases et je pense que cela le coupe un peu trop du public américain.»

Dujardin fait semblant de s’endormir

De fait, la soirée-hommage aux deux acteurs organisée au sein de l’immense Arlington Theatre (1.000 places) s’est essentiellement transformée en conversation entre le directeur du festival, Roger Durling, et l’actrice principale de «The Artist». Quant à Jean Dujardin, en dépit de quelques interventions – en français – pour répondre aux questions sur sa carrière, il s’est une nouvelle fois réfugié dans les blagues et les contrepieds, n’hésitant à moquer le look de Durling, feindre de s’endormir, chambrer les spectateurs français de la salle ou enchaîner les grimaces… Un numéro comique parfois trop décalé pour le public de Santa Barbara.

En dépit de ces incompréhensions, les deux comédiens ont une nouvelle fois réussi leur opération-séduction. Laquelle s’est soldée par la remise du «Cinema Vanguard Award», récompensant les acteurs ayant tracé leur propre sillon dans l’industrie cinématographique, tout en ayant su prendre des risques artistiques. «Nous devons surtout cet honneur à Michel Hazanavicius (ndlr : réalisateur du film)», a immédiatement indiqué Jean Dujardin. Avant de faire sourire l’audience une dernière fois. «Selon moi, il devrait changer son nom et s’appeler Hazana-genius !»

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