Succès pour le Salon de l’Education bilingue de French Morning

Hunter College avait des allures de Tour de Babel, samedi. French Morning organisait, dans les étages de l’université de l’Upper East Side, son deuxième Salon de l’Education bilingue.

Pour ce nouveau rendez-vous, les organisateurs voulaient faire plus grand et plus international que la première édition, l’an dernier. Pari tenu: plus de 1.000 personnes ont fait le déplacement – pour l’essentiel des parents et des futurs parents désireux d’élever leur enfant dans au moins deux langues. Quatre-vingts exposants – services, éditeurs, écoles bilingues – représentant douze nationalités les attendaient.

En toile de fond de ce salon, l’offre bilingue de plus en plus riche à New York. En janvier, Carmen Fariña, responsable du Département de l’Education new-yorkais, a annoncé son intention de lancer 40 nouveaux programmes bilingues publics en 2015-2016. Une initiative qui répond à la demande grandissante des parents qui, à New York et au-delà, sont attirés par les bienfaits cognitifs et les avantages professionnels que procure la maitrise d’une langue supplémentaire.

L’offre pour la communauté française s’est considérablement étoffée ces dernières années. Mais pour Fabrice Jaumont, attaché éducatif à l’Ambassade de France, le français a encore “une marge de progression géniale” .

Monica, mère de deux enfants de 8 et 5 ans, est venue au salon « pour rencontrer les écoles et faire une sortie sympa en famille ». Cette Italienne mariée à un Français est arrivée à New York cette rentrée. Elle a inscrit ses enfants à l’International School of Brooklyn (ISB), où ils suivent un programme bilingue français-anglais. « Pour le moment, ils parlent vraiment bien le français et l’italien. L’anglais, c’est encore difficile. Mais je ne me fais pas de soucis », explique-t-elle.

monica

 L’objectif était le même pour Frédérique, venue de Jersey City avec ses deux garçons de 9 mois et 2 ans. « On n’a pas les moyens de les mettre au Lycée français, alors ce qu’on regarde, ce sont surtout les programmes bilingues des écoles publiques. Pour certaines, c’est très dur d’avoir une place, alors je veux savoir quels sont leurs critères de sélection. On réfléchit à déménager pour se rapprocher de l’une de ces écoles », explique-t-elle. Même si son mari aussi est Français, pas question de mettre ses fils dans une école américaine.
« Parler le français à la maison, cela ne suffit pas. J’ai plein d’amis dans cette situation, et le résultat est que si leurs enfants parlent français, ils ne savent ni bien l’écrire ni bien le lire, et ont de grosses lacunes. Et puis, si on rentre en France dans 10 ans, j’aimerais bien qu’ils ne soient pas à la traine là-dessus. »

pierre et elias

Pierre est venu avec son fils de 4 ans, Elias, déjà trilingue : il parle anglais dans son école américaine, français avec son père, tandis que sa mère lui parle en danois. « On aimerait bien le mettre dans un programme bilingue français-anglais. Comme on habite à Roosevelt Island, ce n’est pas évident, alors on réfléchit à déménager », raconte Pierre, qui travaille à l’ONU. « Pour nous, c’est très important qu’il maitrise bien le français, car on ne va pas rester toute la vie à New York, et il est probable qu’il continue sa scolarité dans un système francophone », affirme-t-il.

Plusieurs experts ont participé à des tables-rondes sur différentes facettes du bilinguisme (l’acquisition d’une langue chez les enfants atteints de troubles de l’apprentissage, l’enseignement du bilinguisme dans un foyer monolingue…). L’occasion pour eux de répondre aux interrogations des parents.

Gretchen Schell, enseignante d’ESL (English as a Second Language) au Lycée français de New York, a évoqué, par exemple, les situations dans lesquelles certains enfants expatriés refusent de parler la langue de leur pays d’accueil. Expert dans l’acquisition des langues chez les enfants en bas âge, François Thibaut a rappelé, lui, que les premières années de la vie étaient primordiales pour former les futurs bilingues. Leurs interviews:

French Morning vous donne d’ores-et-déjà rendez-vous en 2016 pour son prochain salon.

Jessica Gourdon et Alexis Buisson