Le roi est mort, vive Montebourg

(Revue de presse) Le New York Times aurait-il Hollande dans le collimateur ? Après la publication d’une tribune appellant les jeunes Français à quitter leur pays; après un portrait de Ségolène Royal, comparant sa trajectoire politique à celle de JFK, voilà que le quotidien dégaine l’arme fatale : le rebelle du gouvernement Arnaud Montebourg.

Notre Arnaud national est, pour le New York Times, ni plus ni moins que  le « nouveau Charles de Gaulle de la gauche ». Arnaud Montebourg est qualifié de “pourfendeur du libre marché et héros romantique” par la chroniqueuse Maureen Dowd. Il apparaît à la fois comme un lover français et le rebelle du gouvernement. La chroniqueuse reprend notamment un sondage réalisé par le magazine français ELLE désignant le ministre du redressement productif comme le favoris de ces dames pour une virée romantique.

Arnaud Montebourg, le “faiseur de roi socialiste”, est vu comme une pièce maîtresse de la gauche française mais aussi celui qui, au sein du gouvernement Ayrault, n’en fait qu’à sa tête: “Ses danses apache avec les magnats sont en décalage avec la campagne du gouvernement “Dites oui à la France” visant à attirer l’investissement étranger“. Le journal compare  “l’audace de matador” d’Arnaud Montebourg, et “l’insipide Hollande” en lui donnant des airs de preux chevalier qui combat sans relâche le mal à travers ” ses croisades contre la corruption et sa méfiance envers l’économie de marché.” Le journal rappelle que le héros chevelu “a demandé au dissolu Dominique Strauss-Kahn de s’excuser auprès des Socialistes.

On retiendra aussi de ce portrait romanesque deux petites phrases, que le ministre n’aurait peut-être pas prononcé dans des médias français. A propos de la primaire socialiste de 2011, qu’il a perdue face à Hollande notamment: “J’ai échoué une première fois, mais cela ne veut pas dire que j’échouerai une deuxième“. Et à propos du retour de Sarkozy: “Peut-être (qu’il reviendra), estime-t-il. Peut-être en menottes“.

Cuisine pas si « made in France »

Il n’est pas certain qu’Arnaud Montebourg ne parviennent à redresser notre gastronomie. Le Washington Post relaye, dans un article, une étude réalisée par the National Union of Hotel, Restaurant and Cafe Operators, qui montre qu’un tiers des restaurants français admettent – horreur – servir des produits congelés. “Ils trahissent l’héritage national de la fine gastronomie et portent le discrédit sur l’une des principales raisons qui fait de la France la première destination touristique au monde”, regrette le quotidien américain. Les clients se retrouvent ainsi à savourer du « made in usine » alors qu'”ils pensent, sans aucun soupçon, goûter à la cuisine française traditionnelle.”  Du surgelé dans nos cuisines ? Voilà de quoi… en refroidir plus d’un.

Selon le journaliste, ce sont bien des raisons financières qui conduisent à cette situation. “Les propriétaires de restaurants cherchent à maximiser leurs profits en réduisant le nombre de chefs et d’assistants“. Il prend ainsi l’exemple d’un éclair au chocolat qui coûte 60 cents à la sortie d’une usine et dont le prix, une fois sur la table d’un restaurant, augmente. La décongélation de celui-ci coûte bien moins cher que les 2.600 $ net de salaire d’un grand chef cuisinier ou 1.950 $ net pour un assistant dans les cuisines du Mesturet, le restaurant français d’Alain Fontaine situé près de l’Opéra à Paris, qui sert des produits frais et que le journaliste prend pour exemple.

Déclin de la cuisine française à Chicago

Notre gastronomie ne fait plus recette non plus du côté de Chicago. Le Chicago Tribune s’est intéressé au classement des 40 meilleurs restaurants de la ville réalisé par le Zagat Chicago Guide. En 1998, 20 d’entre eux étaient français. Quinze ans plus tard, il n’en reste plus que cinq. “La cuisine française est en déclin depuis des années”, écrit le journal. Il explique que notre tradition culinaire a été détrônée par les restaurants américains, latins et asiatiques. Mais notre honneur reste sauf puisque “la plupart du temps, ils sont dirigés par des chefs qui ont reçu une formation française et qui emploient des techniques culinaires françaises.” Le journaliste nous console en soulignant que les quelques restaurants français qui font toujours parti du classement restent tout en haut.

 Crédit : Rafael Yaghobzadeh/ABACAUSA.COM