La France “décapitée” ?

Crédits : rtl.fr

Revue de presse. Alors que la France célèbre la prise de la Bastille, la presse américaine veut voir des têtes tomber. Corrompue, antisémite, grincheuse… Cette semaine, la patrie des Droits de l’homme est la cible d’attaques.

C’est le New York Times qui ouvre les hostilités, qualifiant la France de “décapitée”. Le chroniqueur Roger Cohen prend l’exemple du Tour de France dont le départ a eu lieu en Angleterre, pour montrer la situation paradoxale que traverse le pays. Les touristes sont “heureux” tandis que les Français sont “grincheux”. La faute en reviendrait, entre autres, à la mise en examen de Nicolas Sarkozy, à l’impopularité croissante de François Hollande, et aux réformes “passéistes” de Manuel Valls. Moderne, la France l’est assurément, mais comme le souligne Roger Cohen, elle “méprise” la modernité.

Dans le New York Times toujours, Laurent Fabius et Bernard Cazeneuve veulent mettre les points sur les i :“La France n’est pas une nation antisémite”. Là encore, l’histoire de la Révolution française est passée au crible. Les ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur expliquent que la France a été le premier pays européen à accorder la citoyenneté aux Juifs. Ils concèdent une montée du racisme et de l’antisémitisme amorcée en 2008, qui ne se limite pas à la France. Selon eux, l’antisémitisme s’oppose aux valeurs de la France et des Etats-Unis. Ils disent alors se joindre à ces derniers dans la lutte contre le terrorisme, partageant “un devoir moral”.

Le lendemain de l’annonce de nouvelles mesures pour combattre le terrorisme, Fox News s’alarme : “Un complot terroriste vise La Tour Eiffel et le Louvre”. Les autorités françaises ont découvert qu’un Algérien du nom de Ali M. a fourni à un membre d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) une liste de lieux à attaquer pour servir la lutte djihadiste.

Reste-t-il une raison de se réjouir ? Dans une tribune du New York Times, Pamela Druckerman (l’auteur de Bringing Up Bébé) se ravit de la manière dont les Francais continuent d’acheter des livres, et font vivre de nombreuses librairies indépendantes. “Le secret francais est totalement contraire à la culture américaine : le prix fixe du livre”, écrit l’auteur, qui rappelle le débat opposant les libraires à Amazon. Avant de poursuivre : “Ces lois à propos des livres ne sont pas juste une posture économique. C’est une vision du monde.”