French Morning

17 mai 2012
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Fest-Noz yankee

Américains et fous de Bretagne

Ils sont Américains, ne parlent pas français mais apprennent le breton, et sont fous de bagad. Les musiciens du groupe Kerlenn New York organisent un fest-noz le 5 novembre à Manhattan.

« The Breton music? So fun and enjoyable!». Alex Bartholomew a les yeux qui pétillent quand il parle de musique bretonne. Tout comme Sean, Mike, Richemond et Jacob.

Ils sont Américains, sonneurs de cornemuse, joueurs de bombarde ou percussionnistes. Formés aux « pipe bands » écossais, ils ont été un jour séduits par les sonorités du bagad (groupe traditionnel breton), découvertes par hasard chez un disquaire ou chez un ami breton. Il y a deux ans, ils ont formé leur groupe, Kerlenn New York, avec Yoann Le Goff, originaire de Landeleau dans le Finistère et Philippe Giffard, de Pléneuf-Val-André dans les Côtes d’Armor.  « C’est vraiment un groupe américain car nous ne sommes que deux Français sur une vingtaine de musiciens », déclare Yoann avec fierté. Car, pour lui, pas question de rester entre « bretonnants ». La culture bretonne, ça se partage!

L’enthousiasme de ces Américains peut paraître surprenant. Il s’explique par l’envie de jouer hors des contraintes imposées par la musique écossaise, très technique et rigoureuse. « C’est un apprentissage plus élitiste et compétitif. Chaque parade écossaise est une compétition. Nous venons tous de ce monde-là et souhaitions nous échapper de cette pression, jouer plus librement, ce que la musique bretonne nous permet de faire » précise Alex. « Et c’est de la bonne musique! » renchérit Sean. Certains ont déjà participé à des festivals en Bretagne, à Rennes ou Pontivi. D’autres rêvent de traverser l’Atlantique. « La culture bretonne est encore méconnue aux États-Unis, mais il y a une réelle curiosité, surtout dans une région, entre Philadelphie et Boston, de tradition folk dance », estime Yoann, lui-même sonneur de cornemuse. C’est lui qui déniche les partitions de bagad et organise les workshops de langue bretonne, «car ça va avec la musique». Il envisage notamment de travailler avec la branche américaine de l’ICDBL (International Committee for the Defense of the Breton Language), organisation créée en 1975 en Belgique et implantée aux États-Unis depuis trente ans.