Pourquoi ces appartements “chemin de fer” aux Etats-Unis?

Ceux qui vivent où envisagent de s’installer aux Etats-Unis ont probablement déjà entendu parler des “railroad apartements”, littéralement “appartements chemin de fer”. Ces appartements étroits et parfois sans couloirs sont fréquents dans certaines grandes villes comme Boston, New York ou San Francisco. Pourquoi? C’est la question bête de la semaine.

Pour commencer, une brève définition. Le “railroad apartment” reprend le modèle des trains du début du XXème siècle, dans lesquels les cabines de voyageurs étaient collées les unes aux autres, et bordées par un long couloir. L’appartement “chemin de fer” dispose de chambres en enfilade, reliées par une simple porte. Contrairement aux trains, beaucoup n’ont pas de couloir, et il faut passer par les premières pièces pour se rendre dans les suivantes.

Ils ont vu le jour au début du XIXème siècle, mais se sont répandus vers la moitié du siècle quand le nombre d’immigrés venus d’Europe a commencé à croitre rapidement dans les grandes villes de la Côte Est, notamment Boston et New York où au moins 500.000 personnes vivaient dans ces logements (chiffres de 1865). Ces immigrés, attirés par le boom industriel américain, s’entassaient dans les caves à New York dans des conditions telles que la Ville a été obligée d’ériger de nouveaux immeubles pour les accueillir.

A New York, en pleine expansion économique, ces travailleurs sont alors logés, par groupes, dans des immeubles du Lower East Side, ou des maisons urbaines des quartiers environnants, réorganisées en “railroad apartments” , explique Alexander Adamov, agent immobilier à New York.

“Les constructeurs des ‘railroad apartments’ visaient une clientèle avec de faibles revenus, l’idée était de caser le plus de personnes au sein d’un même appartement” , ajoute l’historien Barry Lewis.

Autre avantage de ces appartements: ils étaient abrités dans des bâtiments étroits, facilement “insérable” entre les immeubles existants. Cela se faisait bien entendu au détriment du confort des occupants qui, en l’absence de couloir, devaient traverser les autres pièces pour gagner la partie commune, où se trouvait la salle à manger et la cuisine. New York, pour ne parler que d’elle, a longtemps fermé les yeux sur les conditions de vie des occupants. Il faudra attendre la fin du XIXème siècle – et de grandes préoccupations sanitaires – pour que la conception des “railroad apartments” soit modifiée pour permettre l’aération et l’arrivée de la lumière naturelle.