Upper West Side, l’intello

Tous vous le diront ici: la quintessence de New York ne se trouve pas dans les tours de verre de Midtown, mais dans l’Upper West Side (UWS), grand quartier résidentiel (5 km2 pour 200.000 habitants) et cosmopolite.

L’Upper West est traversé par Broadway, artère commerçante et bourgeoise bordée par de beaux immeubles Art Nouveau (l’Ansonia, le Dorilton, l’Apthorp). Broadway devient plus étudiante, populaire et intellectuelle vers le nord, quand elle avoisine le campus de l’université Columbia dans le quartier de Morningside Heights.

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Sur ses trottoirs, on croise des familles nombreuses lors du Shabbat, des intellos libéraux à lunettes, des livreurs latinos à vélo, des mères de famille en tenue de yoga.

Les « westsiders », qui se surnomment eux-même « les résidents de la république populaire de l’Upper West Side », en raison de leur penchant à gauche, ne veulent surtout pas devenir une pâle copie de l’Upper East Side et de son conformisme BCBG.

Comme Paris, New York se divise en deux rives et les habitants de l’Upper West Side n’aiment pas être confondus avec ceux de l’autre côté du parc. Le débat inspire même des écrivains, comme Paul Auster ou Jonathan Dee.

Côté ouest, on aime les “pre-war buildings” qui ne dépassent pas les dix étages et les “brownstones” que bordent les arbres. Les authentiques « delis » proposent de la nourriture casher et on trouve de nombreux commerces de proximité, du cordonnier au coutelier qui se déplace tous les samedis matin devant le Zabar’s, supermarché connu pour son poisson fumé et son caviar.

« Nous avons trouvé dans l’Upper West Side une vie de famille tranquille, loin du stress de Midtown. C’est un quartier en devenir, pas encore totalement réhabilité. On aime cette authenticité », explique Émilie, jeune mère de deux enfants qui réside sur la 63e rue à l’emplacement exact du quartier qui a inspiré West Side Story et ses batailles de rue. L’endroit fut rasé dans les années 60 pour y construire le Lincoln Center. « Nous apprécions aussi le fait que le quartier ne soit pas trop grand et les blocs plus petits, ce qui permet facilement de varier les promenades avec les enfants entre Riverside et Central Park. »

Émeline, 30 ans, connaît bien le quartier et constate un vrai changement : « La population évolue. Il y a davantage de boutiques branchées et de restaurants à la mode qui s’adressent à un public jeune et aisé, même si le quartier garde un esprit décontracté. » La contrepartie : une nette augmentation des prix dans le cœur historique – 20 % plus chers que la moyenne à New York. Alors, pour continuer à profiter des charmes de l’UWS, les familles n’hésitent plus à migrer au nord dans le quartier de Morningside Heights où les loyers sont plus accessibles.

Vous l’avez déjà vu dans… “Annie Hall”, de Woody Allen. Dans les séries “Seinfeld”, “How I met your mother” et “Louie”. Dans les livres de Paul Auster Moon Palace et La Cité de verre.

Portrait-robot de l’habitant. Il a la quarantaine, travaille en profession libérale, est aisé (salaire médian 74.000 $). 

On y croise qui? Philip Roth, Diana Ross, Steven Spielberg, Glenn Close, Bono.

Si c’était un quartier parisien… Le XVIème arrondissement le long de Central Park, le XVIIe dans sa partie centrale et le XVIIIe à Morningside Heights.

Points positifs: Proximité de Central Park, deux lignes de métro dont certaines stations avec ascenseur, nombreux supermarchés, une des meilleures écoles publiques de New York (PS 199), une école et un collège public (et donc gratuits) avec un programme bilingue en français (PS 84 et MS 256), une vie culturelle riche et variée, en particulier grâce au Lincoln Center et au musée d’histoire naturelle.

Points négatifs: Pendant l’hiver le vent et le froid s’engouffrent dans les larges avenues de West End et Riverside Park. L’hétérogénéité du développement du quartier crée des blocs un peu mornes et purement résidentiels, comme à West End, Amsterdam et Colombus Avenue.