VideoDesk, le “chat” qui vaut des millions

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Le site de VideoDesk

“En France, c’est vrai, je connais tout le monde.” Olivier Coste le dit presque en s’excusant. Ancien administrateur à la Commission européenne, conseiller industriel de Lionel Jospin à Matignon, cadre dirigeant chez Alcatel-Lucent, cet X-Mines a, comme on dit, un bon carnet d’adresses dans le milieu politico-industriel français.

Et pourtant, c’est à New York qu’il a décidé de s’installer, en septembre, pour développer VideoDesk – une start-up qui permet à des sites de e-commerce d’intégrer une interface de “chat” (texte, audio ou video) entre clients et vendeurs. Il juge les Etats-Unis plus réceptifs à ce type de business.

“S’installer aux Etats-Unis était devenu une évidence, car 90% de notre chiffre d’affaires venait des USA”, poursuit Olivier Coste, qui a lancé VideoDesk en 2012. “Les entreprises américaines sont beaucoup plus habituées à intégrer l’innovation, et sont plus en avance qu’en Europe sur tout ce qui concerne les services clients”, poursuit-il, depuis ses bureaux au 36ème étage d’une tour proche de Times Square, qui dominent tout le sud de Manhattan. A contrario, “les entreprises françaises attendent souvent qu’une innovation se soit bien développée aux Etats-Unis avant de l’adopter, plutôt que de prendre le risque de se lancer”, regrette-t-il.

Et pourtant, l’argent, il l’a trouvé en France: l’année dernière, VideoDesk a levé 4,8 millions de dollars auprès d’investisseurs français, de deux fonds et de la BPI. Comme la plupart des start-ups montées par des Français à New York, le patron a décidé de garder son équipe R&D (vingt personnes) dans l’Hexagone, profitant de la qualité des ingénieurs sur place et de l’environnement scientifique. Son associé, Igor Schlumberger (fondateur du Guide.com et de Prestashop) est lui aussi resté à Paris. En revanche, la partie commerciale et marketing – dix personnes – est basée à New York depuis la rentrée dernière. “Par rapport à San Francisco, c’est plus central, et notre marché est plutôt sur la Côte est”, relève Olivier Coste.

Ici, l’accueil de ses clients est “très positif, assure-t-il. C’est plus simple de vendre aux Etats-Unis qu’en Europe. Les relations commerciales sont plus pragmatiques, et pour rencontrer quelqu’un, il n’y a pas besoin de lettres de créances, comme en France, observe-t-il. Et pourtant, quand je suis arrivé ici, je n’avais aucun réseau.”

Après quelques mois d’existence, VideoDesk affirme que 7.000 sites web utilisent sa solution. Pour lui, il ne fait pas de doute qu’à l’avenir, la plupart des sites seront équipés de telles interfaces, qui permettent aux clients “d’être mieux conseillés” lorsqu’ils font leur shopping en ligne, et incitent à l’achat.

Ce sera aussi banal que d’avoir des vendeurs en magasins. 90% du business qui n’est pas en ligne pourrait passer en e-commerce avec ce type d’outils. Avec le “chat”, les vendeurs peuvent non seulement répondre à vos questions mais aussi vous montrer le produit et le manipuler, vous aider à vous repérer sur le site ou à remplir un formulaire, vous envoyer une brochure ou un document…” 

Prochaine étape pour Olivier Coste : continuer le développement R&D de VideoDesk, afin de rendre les choses “encore plus intuitives et évidentes”.  Et prendre un peu plus ses marques dans ce milieu new-yorkais qu’il découvre encore. “Même si je venais aux Etats-Unis une à deux fois par mois depuis 15 ans, s’installer, c’est autre chose, c’est un vrai choc culturel. Mes deux enfants ont fait le choix d’aller dans une école américaine, ce qui n’est pas facile tous les jours.” Sa femme, quant à elle, n’est pas bien loin: ancienne dirigeante d’une boite de production de concerts, elle est la patronne financière de VideoDesk. Pas besoin de chatter, leurs bureaux sont côte à côte.

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