Dans la presse US: après Trump, quid de Marine Le Pen ?

L’élection de Donald Trump, le “oui” en faveur du Brexit: les leaders nationalistes des pays d’Europe voient dans ces évènements la fin d’une ère et le début de la leur. L’élection du milliardaire populiste peut-elle favoriser Marine Le Pen en France ? Les médias américains se posent la question.

Pour le New York Times, avant l’election de Trump “Mme Le Pen était considérée comme une force politique perturbatrice loin d’être une réelle menace pour la présidence. Ça n’est plus le cas.” Cependant, l’article rappelle la notion de front républicain qui a permis d’empêcher le Front National (FN) de remporter l’Elysée en 2002. Toujours selon le New York Times, “les experts pensent qu’une logique similaire opérera l’an prochain et que Mme Le Pen n’est pas Mr Trump”. Pour Jean-Yves Camus, un expert des partis d’extrême droite européens interrogé par le quotidien, “Donald Trump était le candidat du Parti Républicain. Il avait des ressources qui ne sont pas comparables à celles de Marine Le Pen”.

De son côté, le Washington Post nuance la situation dès le début de son article en rappelant que le FN a surfé sur divers évènements qui ont affecté la France comme la crise des réfugiés et les attentats, générateurs d’“une islamophobie palpable” . Ils expliquent que “malgré tous les efforts de Marine Le Pen pour améliorer son image, le FN a un passé regrettable avec l’antisémitisme que beaucoup d’électeurs ne peuvent ignorer, même après les récentes tentatives de dé-diabolisation du parti”.

Business Insider livre une analyse assez similaire: “Marine Le Pen est la plus grosse menace populiste en Europe, mais il est hautement improbable qu’elle gagne”. Et de s’appuyer sur les études de différents instituts de sondage qui montre qu’elle serait largement battue par Alain Juppé et d’autres adversaires potentiels. Le site nuance cependant ces sondages puisqu’ils sont antérieurs à l’élection de Donald Trump. Selon Business Insider, celle-ci pourrait “galvaniser le climat populiste en Europe et injecter un dynamisme supplémentaire dans la campagne du FN. Le phénomène Trump pourrait avoir un effet domino” .

Sur CNN, le constat est plus alarmant. David A. Andelman, rédacteur au World Policy Journal, affirme dans une tribune que le “populisme de Trump peut représenter la fin de l’UE”. Son article dénonce “une vague croissante de soutien à l’extrême droite dans toutes ses déclinaisons” et que “ces mouvements sont en train de changer la teneur de différents débats nationaux” . Ce qui inquiète surtout l’auteur, c’est que “contrairement à Trump, la droite européenne comprend de vrais révolutionnaires qui réfléchissent et complotent depuis bien plus longtemps, parfois des générations” .