Le vélo sans borne à l’assaut de Washington

Rouge feu, vert anis, orange fluo… les vélos sans borne ont envahi le centre-ville de Washington depuis près de deux mois. Ces vélos flashy sont à la disposition du public, moyennant un tarif d’un dollar toutes les trente minutes. Mais à la différence du système traditionnel de vélos en libre-service de Washington, Capital Bikeshare, ces nouveaux-venus ne sont reliés à aucune station. Mieux encore : ils sont détachés dans la rue, abandonnés sur le trottoir.

L’initiative vient de quatre start-ups : LimeBike, Mobike, Spin et Jump. Les vélos sont équipés de balises GPS et géo-localisés grâce à une application mobile. Une fois le vélo réservé, le cycliste se rend jusqu’au lieu indiqué et, toujours via l’application, scanne un QR code situé sous la selle pour déverrouiller les roues. Dès que sa course est terminée, l’utilisateur n’a qu’à déposer son vélo de manière à ce qu’il ne gêne pas la circulation et relève manuellement un loquet pour bloquer la roue arrière.

Déverrouiller un vélo

Le concept, né à Shanghai il y a près de trois ans, a déjà séduit plusieurs villes américaines comme Seattle, Dallas ou San Francisco. Mais pour la première fois, les start-ups s’affrontent sur le même terrain à Washington, où près de 5% de la population se déplace en vélo. “Washington est constamment classée parmi les villes les plus favorables au cyclisme et s’est montrée particulièrement progressiste dans sa politique de transport par le passé”, constate Derrick Ko, PDG et co-fondateur de Spin.

Pour tester ce nouveau service, “les autorités de transport locales ont décidé d’établir une période de démonstration jusqu’en avril 2018”, explique Maura Danehey, porte-parole du département des Transports du district de Columbia (DDOT). La règle du jeu : chacune des start-ups est autorisée à exploiter un maximum de 400 vélos dans la ville.

Encore discrètes sur les premiers chiffres, les jeunes entreprises se montrent optimistes. “Nous avons reçu un accueil chaleureux. Le premier jour, les gens utilisaient déjà le service à 6am”, s’enthousiasme Jaime Moore, porte-parole de Mobike. De son côté, LimeBike assure que 2.800 personnes ont utilisé les vélos en une semaine, pour un total de 5.200 voyages effectués et une moyenne de 3,2 courses par vélo et par jour. Un résultat encourageant, mais encore loin des 13.000 voyages quotidiens assurés par les vélos rouges du Capital Bikeshare.

Pour les autorités locales, qui gèrent plus de 400 stations de vélos dans toute la ville, les vélos sans borne sont complémentaires. “Cette nouvelle technologie peut potentiellement étendre l’offre de vélo-partage dans le district et donner accès à des zones où le département des Transports n’a pas encore pu installer d’infrastructures”, explique Maura Danehey.

Qu’en est-il du coût de maintenance pour ces vélos, particulièrement exposés aux vols et aux dégradations ? Jack Song, porte-parole de LimeBike, assure que le vandalisme touche moins de 1% des vélos. Quant au stationnement sauvage de ces vélos sans borne, “il y a eu quelques problèmes avec des vélos laissés sur les terres fédérales [les parcs et monuments protégés, ndlr] ou dans le métro, mais d’une manière générale, les usagers respectent l’espace public du district”, assure Maura Danehey. Prochaine étape pour ces start-ups : le marché juteux des villes européennes.