Université américaine: mode d’emploi

Le campus du MIT

À propos de l'auteur

 

Emmanuelle Labbé est blogueuse sur DevenirBilingue.com 

Votre ado se voit déjà dans une belle université américaine pendant que vous lui rappelez gentiment les alternatives en Europe et vous renseignez discrètement auprès de vos amis sur les atouts des universités canadiennes… Si vous paniquez un peu à l’idée de la sélectivité et du budget, sachez que les possibilités sont multiples et ne s’adressent pas qu’aux riches. Mais pour envisager sereinement un cycle d’études supérieures aux Etats-Unis, il y a un certain nombre d’étapes à franchir, et si possible dans le bon ordre ! 

Mission n°1 : Déchiffrer le profil des établissements et leurs classements

Du Community College à l’Ivy league, le terrain de jeu est vaste. En ouvrant vos recherches sur l’ensemble des établissements post-bac qui accueillent des étrangers aux Etats-Unis, vous découvrirez que les frais de scolarité annuels vont en réalité de 2.000 à plus de 50.000 $ et que, selon vos critères, les classements sont à relativiser. Ainsi mieux vaut n’écarter aucune alternative au départ:

– Un Community College bien classé permet d’obtenir un bac+2 (Associate Degree) ouvrant à ses meilleurs élèves les portes de belles universités américaines ou de grandes écoles recherchant des profils ouverts sur l’international. Comme ces établissements coûtent bien moins cher que les universités (en général autour de 6 à 8.000 $ par an) et comme ils acceptent plus facilement des dossiers qui ne sont pas béton, on comprend qu’ils aient le vent en poupe auprès des étrangers comme des Américains.

– Une université publique pas forcément très connue au niveau international a également ses avantages. Moins élitiste que les universités privées, plus abordable également (comptez 15 à 35000 $ par an quand même), elle est souvent plus accueillante aussi : côtoyer des jeunes qui ne sont pas beaucoup sortis de leur Etat et n’ont pas eu de Français dans leur entourage fera plus facilement de vous le Frenchy à connaitre sur le campus! Et ces facs réservent en général plus de bourses au mérite aux étudiants étrangers que les universités renommées car elles ont besoin de les attirer. Parfois, elles leur offre l’intégralité des frais d’inscription.

Au-delà d’augmenter vos chances d’admission, ces deux options vous permettent de commencer votre cursus par un établissement plus accessible. Surtout si vous n’êtes pas sûr de votre voie : vous pourrez tester différentes matières, vous adapter pendant un ou deux ans avec un rythme moins soutenu, et profiter de la vie sur un campus américain dont les activités non-académiques méritent souvent le détour.

– Les universités privées ont certes des frais de scolarité très élevés (généralement entre 40 et 50.000 $), auxquels s’ajoutent au moins 15.000 $ de frais de vie, mais il y a des solutions pour les financer, ce sera l’objet de votre 4ème mission… Ne les écartez pas trop vite de votre analyse car vous pourriez trouver une université qui ne fait pas partie de l’Ivy league ni même du haut des classements et qui est pourtant renommée dans votre spécialité. Les rankings comparent ces établissements selon des critères qui ne correspondent pas forcément à vos objectifs de carrière et ne vous fier qu’à cela vous empêcherait de dénicher le programme qu’il vous faut. Par exemple, un Bachelor en Relations Internationales à Rutgers, qui est une université moyenne dans les classements, peut vous mener à un Master à Harvard !

Mission n°2 : Sélectionner les établissements où vous allez postuler

Choisir c’est renoncer ! Etant donné le coût et le temps nécessaire à la préparation d’un dossier d’admission, il est fortement conseillé de bien choisir ses cibles parmi les quelques 5.000 établissements du territoire américain. C’est le moment de démontrer vos capacités de synthèse et d’organisation. Créez votre tableau comparatif pour recenser tous les critères à prendre en compte : programmes, notoriété dans vos disciplines de prédilection, transferts des crédits vers des universités cotées… Bien que beaucoup d’étudiants ont tendance à la placer en premier, la localisation vient après. Vous lirez de nombreux témoignages de jeunes qui ont finalement préféré étudier sur un campus au fin fond du Midwest plutôt qu’à NYU ou au MIT de Boston. Leur immersion dans la culture américaine et le coût de la vie moins élevé leur ont permis de vivre pleinement cette expérience. Tout dépend de vos objectifs professionnels et de ce que vous attendez de votre diplôme américain.

Mission n°3 : Préparer vos dossiers d’admission

A chaque université son dossier et ses deadlines ! Ne négligez pas le temps nécessaire à la préparation de chaque dossier. Les conseillers d’orientation recommandent de s’y mettre 12 à 18 mois à l’avance. Vous devrez rassembler vos bulletins de note, rédiger des lettres de motivation et obtenir des lettres de recommandations pour confirmer l’histoire que vous allez présenter. Car il vous faudra raconter une belle histoire pour que votre dossier sorte du lot : ouverture internationale, expériences de bénévolat, passion pour un sujet ou excellence dans un sport… à vous de voir. Prévoyez aussi de démontrer que vos ressources vous permettront de financer votre quotidien aux USA et le coût de l’université.

Ce travail est lourd et les dates imposées doivent absolument être respectées, faites-vous un rétro- planning pour ne rien manquer.

Mission n°4 : Obtenir une bourse

Qui ne tente rien n’a rien ! Selon les universités les étudiants étrangers sont éligibles ou non aux bourses au mérite ou autres aides financières qu’elles proposent (par exemple une bourse pour réaliser un projet universitaire). Renseignez-vous auprès de chacune et pensez à la fois aux aides distribuées par la France et les USA. Si vous êtes particulièrement bon dans un sport, tentez votre chance dans ce domaine, un milliard de dollars sont accordés chaque année en “athletic scholarships”. Il pourrait bien y en avoir une petite part pour vous. Consultez également le programme de bourses Fulbright et les fondations qui subventionnent les étudiants ayant choisi une spécialisation liée à leur cause.

A défaut d’obtenir une bourse vous pouvez prévoir de travailler sur le campus. Les gros campus offrent beaucoup de petits jobs et sinon, vous aurez certainement toutes vos chances en tant qu’assistant de prof de français.

Mission n°5 : Passer le TOEFL

Un TOEFL sinon rien ! Vous allez devoir prouver votre niveau d’anglais en ayant obtenu au TOEFL le score minimum demandé par les universités choisies. Là aussi, il faut s’y prendre à l’avance car vos résultats doivent leur être transmis avant la clôture des candidatures. Vous n’aurez pas trop de trois mois pour vous inscrire à un centre d’examen, vous préparer et attendre que les résultats leur soient envoyés.

D’autres diplômes peuvent être nécessaires pour postuler à certains programmes universitaires comme le GRE (test d’anglais pour des deuxième cycles), le SAT (examen standard que les Américains passent en high school), le GMAT pour un MBA, etc. Les bureaux d’admission sont là pour vous aider à tout planifier, contactez-les le plus tôt possible.

Mission finale : Préparer votre séjour

Réjouissez-vous, c’est la partie la plus excitante et la plus facile ! Maintenant vous le savez, aux Etats-Unis, si vous avez suivi les “rules” et respecté les dates fatidiquesl’obtention de votre visa ne sera qu’une formalité… pour peu que vous ayez bien votre “certificate of eligibility” attestant votre admission dans une université.

Prévoyez une assurance médicale car les frais de santé aux Etats-Unis sont tout simplement hors-de-prix. Les assurances santé des universités ne sont pas toujours obligatoires. Et même si elles le sont, une assurance complémentaire sera utile surtout si vous prévoyez des visites de spécialistes (optique, dentaire, etc.)

Enfin, le logement : dortoir, maison collective ou logement privé, réfléchissez aux avantages et inconvénients de chacun notamment en termes d’intégration et de temps de transport. Les campus sont souvent énormes et parfois répartis sur plusieurs sites, et les activités extra-scolaires qui vous intéressent peuvent contribuer à choisir un logement ou un autre.

Dernier conseil pour être fin prêt : vous allez être absorbé par l’organisation et les préparatifs administratifs. Ne négligez pas pour autant de vous préparer au niveau personnel: changements culturels, séparation familiale et peut-être aussi un challenge linguistique. Ces années universitaires seront probablement parmi les plus marquantes de votre vie, soyez prêt à vous adapter à tous les niveaux pour rendre cette expérience unique et ultra-positive !

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Emmanuelle Labbé est blogueuse sur DevenirBilingue.com