Une avocate à la tête d’EFNY

Elle officiait déjà comme avocate au sein de la puissante association de défense des libertés civiques, l’ACLU (American Civil Liberties Union). Elle défendra en plus la langue française dans les écoles publiques new-yorkaise. Talcott Camp, New-Yorkaise pur jus, a été choisie par le conseil d’administration d’EFNY (Education française à New York) pour diriger l’association de parents d’élèves derrière la promotion de l’enseignement en français dans les écoles publiques de la ville. Elle succède à Catherine Poisson, qui rentre en France pour dix mois dans le cadre de ses activités de professeur de littérature française à Wesleyan University. «Je me rends compte que je ne suis même pas citoyenne d’un pays francophone. Cela est à considérer car EFNY a une relation fondamentale avec les Français et le gouvernement français. Mais je suis une amie, une alliée, comme Ben Franklin», s’exclame Talcott Camp, en français bien-sûr.

Mme Camp connaît bien les problématiques relatives à l’enseignement du français à New York. Titulaire d’un BA de “French and Theater Studies” à Yale, elle considère le français comme « la plus belle langue au monde ». Membre du board d’EFNY depuis 2009, secrétaire de l’association depuis 2011, elle a participé au lancement du programme bilingue de PS 84 dans l’Upper West Side. Ses deux fils sont scolarisés dans ce programme qui compte parmi les plus populaires de la ville. « J’ai un attachement personnel à la mission d’EFNY », insiste-t-elle. Plusieurs dossiers l’attendent déjà à la tête d’une organisation qui a piloté l’éclosion de sept programmes d’immersion français-anglais et huit « after school » dans les écoles publiques de New York. Parmi eux, l’extension de l’enseignement bilingue en middle school (déjà prévue à Brooklyn à MS 51 et espérée dans l’Upper West Side) et en high school, ainsi que l’accroissement des crédits pour les programmes FLAM (Français Langue Maternelle) d’apprentissage du français dans un contexte extrascolaire.

Elle devra aussi continuer à mobiliser des parents d’élèves qui, sept ans après la création de l’association, tendent à prendre ces réalisations pour acquises. «Il ne faut pas s’endormir. On est victime de notre succès. On a eu un mal fou à convaincre. Et quand ça commence à marcher, il faut faire attention à ne pas s’endormir», prévient Catherine Poisson, qui  reste au “board” de l’organisation.