À une heure au sud de Los Angeles, la ville de Laguna Beach, dans le Comté d’Orange, est la destination parfaite pour un week-end entre amoureux. Petit village de plage à ses origines, Laguna Beach émerge au début des années 1920 en devenant officiellement une ville (1927). Une période où s’installent les artistes et célébrités d’Hollywood cherchant à fuir le bruit et la cohue de Los Angeles. Charlie Chaplin y vécut quelques années, tout comme Béla Lugosi, l’acteur star du film « Dracula » de 1931, le réalisateur Edward H.Griffith, John Steinbeck qui y a écrit son roman Tortilla Flat. Bette Davis vécut également à Laguna Beach dans une villa devenue iconique, et toujours sur pied (1991 Ocean Way) et Judy Garland tourna ici quelques scènes du film « A star is born » (1954).
Un héritage hollywoodien à l’origine de la construction de maisons fabuleuses. Parmi les plus iconiques, le manoir du 290 Wave Street (au nord de Laguna Beach, avant d’arriver à Downtown) a été conçu au milieu des années 1920 par l’architecte Vernon Barker dans un style architectural « storybook » empruntant ses formes aux contes de fées… Ou aux histoires d’épouvante. Iconique à Laguna Beach, la maison est surnommée la « Witch House » (ou maison de sorcière). Un tour dans les collines résidentielles de Laguna Beach (notamment à l’ouest de Park Avenue) fait découvrir de nombreux cottages « Craftsman Style », apparus dans les années 1920 et inspirés des chalets suisses.
Principale attraction de Laguna Beach, son littoral dévoile toute une série de plages paradisiaques. Au nord de Laguna, proche de Downtown, Main Beach est la plage principale, adorée des touristes qui viennent ici se photographier au coucher du soleil devant la lifeguard tower. Pour éviter les foules, suivre plutôt Cliff Drive et son défilé de villas et belles maisons, et s’arrêter à la plage de North Crescent Bay (parkings limités) et ses 300 mètres de plage encerclés de grandes falaises et quelques villas.
Au sud de Laguna Beach (compter 8 à 10 mn), miser sur Victoria Beach (parking sur la PCH au niveau de l’entrée située à Victoria Drive), une plage par laquelle on accède via un quartier résidentiel ultra cossu, et cernée de falaises et palmiers. Voisine, Treasure Island beach (parking Lot 7 via le chemin accédant à l’hôtel Montage, et Lot 8 au croisement de la PCH et de Wesley Drive), vaut le coup d’oeil pour son ambiance de plage de bout du monde. Les connaisseurs viennent observer la faune marine des « tide pools » (bassins de marées) et les touristes courent se photographier sous l’arche.
Plus au nord, et plus tranquille, West Street Beach (parking sur la PCH, entrée à proximité de la résidence privée Laguna Royale), toujours fréquentée par la communauté LGBT (notamment lors du rassemblement du 4 juillet), a l’ambiance sauvage. Voisine, et rappelant les criques paradisiaques de Thaïlande, Table Rock (parking sur la PCH à proximité du restaurant Coyote Grill) s’invite entre quelques falaises noires adorées des plongeurs de haut-vol, et formations rocheuses spectaculaires. Seul bémol, la vigueur des vagues imposant d’être bon nageur. Enfin, connectée (par la mer) à Table Rock, 1000 steps Beach garantit des baignades plus agréables, à condition de vouloir descendre – et remonter – les 225 marches y menant.
Rayon culture, Laguna Beach compte depuis 1929, son Laguna Art Museum. Voisin du Heisler Park et de sa promenade magique au-dessus des falaises, le musée, consacré à l’art californien, réunit 3600 œuvres avec quelques bijoux du style plein air (Conrad Buff), moderniste (Helen Lundeberg), pop (Roger Edward Kuntz), chicano (Leo Limon) et des sculptures fabuleuses du mouvement light and space (Laddie John Dill, Christian Sampson). La ville compte également plus d’une cinquantaine de galeries d’art, de plus ou moins bon goût, rassemblées tous les premiers jeudis du mois pour l’événement « Art Walk » avec portes ouvertes et musique.
Un tour dans les rues de Downtown peut ainsi faire repartir avec une œuvre minimaliste de toute beauté à la Peter Blake Gallery. Ne pas manquer non plus quelques fresques murales, dont celles signées Robin Hextrum (angle Ocean Avenue et South Coast Highway), « The Whaling Wall » par la Wyland Galleries (509 South Coast Highway) et l’escalier new-age longeant la colline la plus pentue en ville, au croisement de 3rd St et Mermaid St).
Terre des artistes d’Hollywood et de la Prohibition, Laguna Beach fût aussi hippie. C’est ici que se développa notamment la « Hippie Mafia », un mouvement né de la Fraternité de l’Amour Eternel, une organisation fondée en 1967 par Timothy Leary. Psychologue, il vantait les vertus thérapeutiques du LSD, à l’origine, entre autres, du « Christmas Happening », un Woodstock de la West Coast réunissant 25000 personnes sous acide. Tombée dans le trafic international de drogues, la secte déclinera au début des années 1970.
« Un épisode marquant de l’histoire de Laguna Bech, qui influença notamment l’arrivée des communautés gays, explique Kent Kelley, fier représentant de la génération bohemian, mais un esprit qui a peu à peu disparu. » Un tour dans son magasin vintage Cherry Moon permet, sur les sons de Prince, Bob Marley et Annie Lenox, de découvrir d’anciens numéros de Playboy, des vêtements de seconde main et un judebox de la lunette de soleil épatant. Autre symbole de la culture hippie persistante, la boutique et salon The Chakra Shack compte, elle, une large sélection de pierres précieuses, encens et bols tibétains, et prédit même l’avenir.
Pour vivre la cuisine californienne, un passage au petit-déjeuner chez Penguin Café est vivement recommandé. Ce diner historique (1940) a conservé son décor vintage, et sert omelette, pancakes et cornedbeef en salle ou au comptoir. Alternative plus hipster chez Rye Goods, logé dans le beau Lumberyard Mall. Plus famille au Laguna Coffee Company avec terrasse et parasol sur la PCH. Pour le verre de vin au soleil et en rooftop, filer chez Mozambique (steakhouse) ou The Deck (fruits de mer). Et pour un déjeuner supra « healthy-Californie », Active Culture est la référence.
Après le sublime coucher de soleil – éviter Main Street et la lifeguard tower envahie par les touristes – plusieurs bonnes tables méritent l’attention. Les suiveurs du guide Michelin et amateurs de cuisine japonaise filent chez Rebel Omakase, la seule table étoilée du coin. Les classiques de la cuisine californienne se dégustent très bien chez Nick’s (burger et cioppino en favoris), voisin du bar à cocktails The Saloon. Enfin, bien représentée, la cuisine mexicaine se goûte chez Coyote Grill (idéal au déjeuner) et chez South of Nick’s.
Toutes les options sont possibles à Laguna Beach. Au sud, secteur plage, l’hôtel Montage Laguna Beach est l’immense paquebot luxe et classique surplombant la plage de Treasure Island. Une référence pour qui aime, à 1000$ la nuit. À 3 minutes à pied – sans vue plage -, Le Petit Pali Laguna Beach est la nouvelle adresse du groupe hôtelier Pali Society (ouverture en avril). Un ancien motel rénové et redécoré à la manière d’un chic boutique-hotel (à partir de 200 $). Dernier né, le Casa Loma Beach Hotel, un boutique-hotel historique récemment rénové dans un style mexicain et chic, s’enroule à une colline de palmiers, sur la plage de Main Beach. Originalité de la maison, une promenade publique cercle tout l’hôtel, imposant de circuler en sous-vêtements à sa fenêtre. Nuit à partir de 250 $.