Un pot entre ami.e.s pendant la Covid ? Pas toujours simple

Christophe (prénom modifié) sait recevoir: il a le sourire… et du gel hydro-alcoolique ! Ce Français de New York en avait marre des “apéros Zoom”. Il a décidé, en mai, de recevoir quelques amis dans son salon. L’idée a suscité l’enthousiasme de son groupe de cinq potes, mais, très vite, il s’est demandé s’il avait fait le bon choix. Après tout, la Covid-19 tue toujours à New York. “J’avais surtout peur des asymptomatiques, qui ne savent pas qu’ils sont porteurs de la maladie, reconnaît-il. J’ai décidé de dire à tout le monde qu’il fallait porter des masques en intérieur à tout moment et de mettre du gel sur les mains en arrivant. C’était un peu bizarre au début, mais tout s’est bien passé”.

À l’heure de la Covid, une activité aussi banale que de se retrouver entre ami.e.s pousse à se poser de nouvelles questions. Est-ce une bonne idée de se retrouver maintenant ? Faut-il viser un rooftop ou un parc ? Est-ce mieux d’apporter ses couverts ou son verre pour limiter les risques de transmission ? Les conseils fleurissent sur le web. Le site du Today Show a même partagé des bonnes pratiques pour utiliser les toilettes, un point essentiel.

Chrystelle Grandot a, elle, décidé de retrouver systématiquement ses amis dans les parcs new-yorkais. Chacun apporte ses couverts et ses plats. À part les bons moments, ils ne partagent rien, chips et olives comprises. “Mes amis n’étaient pas à l’aise avec l’idée de se retrouver dans un backyard ou sur un rooftop ou dans un endroit fermé. On a parlé ouvertement de nos craintes et on s’est dit que les parcs étaient la meilleure option, même s’il y a beaucoup de gens“. À New York, les seuls rassemblements “non-essentiels” de moins de 10 personnes sont autorisés, d’après un décret signé par le gouverneur Andrew Cuomo juste avant Memorial Day.

Après avoir enchaîné les apéros sur Zoom et House Party pendant deux mois, Lola, une Française de Los Angeles, est contente de revoir ses amis. D’autant qu’elle voulait fêter son anniversaire et son déménagement dans un nouvel appartement de West Hollywood (Los Angeles). Ainsi, la trentenaire a repris les apéros, mais “en petit comité, pas plus de trois personnes pour pouvoir respecter la distanciation sociale”. De nouvelles habitudes prennent place. Elle prépare notamment des petits bols où elle répartit la nourriture : chaque invité a son propre récipient d’olives, de chips ou de tomates-cerises. Autre règle : ” je laisse le gel hydro-alcoolique sur la table.”

“J’invite uniquement des gens dont je connais le background, qui ont respecté le confinement”, admet-elle. En revanche, le masque est le grand absent des retrouvailles. “C’est impossible de le porter quand on fume et on boit. Il faut juste que les 6 feet soient respectés.” Optimiste, elle trouve que “même après quelques verres, les gens se tiennent.” 

Grégory a organisé un dîner chez lui avec quelques amis. Très rapidement, les masques sont tombés et leur garde s’est abaissée. “Impossible de faire de la distanciation physique dans l’appartement, dit-il. On a juste mis nos noms sur des verres pour éviter de tout mélanger“. Pour ce Français de Brooklyn, le risque zéro n’existe pas. “On ne peut s’arrêter de vivre“.

Sandra Cazenave (Los Angeles), Alexis Buisson (New York)