“L’auto-destruction” de François Hollande vue par la presse US

Un nouveau scandale plonge François Hollande dans la tourmente. Sa cote de popularité, déjà historiquement basse, a fait une chute vertigineuse depuis les dernières révélations du livre Un président ne devrait pas dire ça, un recueil de confessions sur des sujets sensibles et confidentiels faites par le président français à deux journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Des confessions commentées par la presse américaine.

« Mon Dieu, la cote de popularité de François Hollande n’est plus que de 4% », titre le Foreign Policy Blog, qui semble s’amuser des déboires de l’actuel locataire de l’Elysée. Pour la journaliste Emily Tamkin, François Hollande est en grande partie responsable de la situation délicate dans laquelle il se trouve. “Imaginez que vous commettez une erreur qui se retourne contre vous-même. Maintenant, imaginez que vous répétez la même erreur à 60 reprises (le nombre de fois où il s’est entretenu avec les deux journalistes, ndr). Vous êtes François Hollande!” Ce dernier a bien choisi son moment pour faire plonger sa cote de popularité, ironise Emily Tamkin. “Vous imaginez comme ce serait malheureux s’il s’apprêtait à entre en lice pour une élection présidentielle qu’il n’a aucune chance de remporter, avec les défis énormes qui se posent actuellement, comme le terrorisme, l’islamophobie et la montée de l’extrême-droite?”, s’interroge la journaliste, taquine.

Le New York Times n’est pas plus tendre envers l’actuel chef de l’Etat, qu’il range dans la catégorie des hommes politiques français qui “semblent encore en vie politiquement alors qu’ils sont morts” . Retiré dans son palais présidentiel, François Hollande ne parvient à faire parler de lui que lorsqu’il est à l’origine d’un nouveau scandale, selon le journaliste Adam Nossiter.

Mais le Times ne partage pas l’incompréhension des Français. Pour le célèbre quotidien, ce n’est qu’un scandale parmi les nombreux autres qui ont ponctué le mandat de François Hollande. “La mort politique du président avait de toute façon été déjà déclarée à plusieurs reprises”, rappelle le journal avec résignation. La différence cette fois-ci: ce scandale peut ébranler la légendaire ténacité de François Hollande. Car le voilà désormais isolé au sein même du Parti socialiste. Son prédécesseur socialiste François Mitterrand qui, lui, honorait son devoir de réserve, n’aurait jamais commis ces grossières erreurs. Mais la proximité de François Hollande avec les journalistes est connue depuis longtemps, note Adam Nossiter. Qui observe que “la personnalité publique de François Hollande, insipide et monotone, ne laisse en rien deviner l’homme politique sournois et rusé que ce livre révèle” .

Hollande et Trump, même combat

Il y a enfin ceux qui voient un parallèle entre le comportement de François Hollande et celui de…Donald Trump. C’est le cas de Robert Zaretsky, professeur d’histoire à l’Université de Houston et auteur de nombreux articles sur le site politique Realclearworld. Selon lui, le scandale illustre le déclin d’une certaine idée de la présidence française et met surtout en évidence la transformation de la politique en France et aux États-Unis.

Pour l’auteur, le comportement aberrant de François Hollande suggère que lui et Donald Trump partagent le même point de vue sur la nature de la fonction présidentielle. “Aux Etats-Unis, les possibles conséquences des discours de Trump sur l’attitude du public à l’égard de la fonction présidentielle ont suscité de vives inquiétudes. Il en va de même pour François Hollande en France.”

Mais ce qui menace de dégrader la présidence, souligne Robert Zaretsky, ce n’est pas seulement le langage de François Hollande, mais son incapacité à distinguer le privé du public, sa personnalité privée de sa personnalité présidentielle. “Donald Trump semble passer beaucoup plus de temps à papoter avec des journalistes qu’à réfléchir à des questions de politique internationale ou qu’à consulter des experts. Et les Français sont choqués de prendre conscience que leur vie politique n’est pas exempte de la politique-spectacle à la Donald Trump” .