Législative: la voix de Marine Le Pen en Amérique du Nord

Je ne m’engage pas pour faire la marionnette“. Thierry Franck Fautré, candidat du Front National à la législative partielle en Amérique du Nord (25 mai et 8 juin), est bien décidé à devenir le 3e député frontiste.

Ce chef d’entreprise établi depuis 1998 en Floride vient d’être investi par le parti de Marine Le Pen dans la circonscription. Et il y croit. La raison: la dégradation du climat politique et économique en France. “On voit ce qu’il se passe depuis un an: le chômage, les scandales… C’est quand même lamentable que les plus hautes institutions de France montrent au monde un visage aussi peu enviable. Par réaction, ça peut nous profiter en Amérique du Nord.

Le Front National était déjà présent lors de l’élection de juin 2012. Sa candidate, Claire Savreux, avait recueilli 4,29% des voix au premier tour sans faire de campagne active – M. Fautré était son suppléant. “Si elle s’était déplacée, elle aurait fait 10%“, glisse-t-il. Il n’a pas davantage de moyens, mais prévoit un “petit budget” pour se rendre à New York et à Montréal, les deux plus gros bastions français de la circonscription pour “essayer de les convaincre de ce que je suis et de la véracité des propos de Marine Le Pen“. Il sera épaulé par sa suppléante, Sylvie Verez, responsable du Front National pour le Canada, qui est rentrée en France “provisoirement pour raisons familiales”.

Génération Marine Le Pen

Thierry Franck Fautré fait partie de la génération Marine Le Pen. Sympathisant depuis “toujours“, il prend sa carte au FN en “2008-2009” au moment de la montée en puissance de la fille de Jean-Marie Le Pen. “Elle a donné une nouvelle image au parti“, dit-il. Patron et fondateur d’une société impliquée dans le commerce international, il a assisté à “la chute de l’industrie européenne” avec les “délocalisations et la concurrence asiatique“. “On déshabille Pierre, Paul. Jacques pour habiller Chen“, regrette-t-il.

Son défi: convertir en Amérique du Nord la bonne dynamique électorale du FN en France, marquée par la présence d’un candidat frontiste au second tour de la législative partielle dans l’Oise. “Les Français d’Amérique du Nord ont beau être sous législation locale, demain, ils seront concernés par la situation en France s’ils décident de rentrer. Fiscalement, ils seront rattachés à la France“.

Pour lui, il est trop tôt pour dévoiler un programme précis. “On va en discuter avec le Front“. Il ne fera pas non plus de commentaire sur les deux sujets qui peuvent le mettre en porte-à-faux par rapport à son parti: l’hostilité de Marine Le Pen envers certaines bi-nationalités – un point critiqué par Claire Savreux l’an dernier – et le rejet de l’immigration. Pas facile quand on est soi-même… un immigré.

Je ne viens pas d’une école administrative, je n’ai aucune formation politique. J’aime tous les pays. Mais je pense que le cadre optimal est la nation. On est en train de perdre notre souveraineté“.