On a testé: Instacart, l’app qui fait vos courses

« Nous avons lancé Instacart dans quinze villes en deux ans tandis qu’Amazon Fresh a été lancé dans quatre villes en cinq ans » claironne Michelle Faulkner, porte-parole d’Instacart.

Depuis sa création en 2012 à San Francisco par un ancien d’Amazon, cet outsider de la livraison de produits alimentaires à domicile se développe à la vitesse de l’éclair aux Etats-Unis. Disponible dans 15 villes aujourd’hui y compris San Francisco, New York, Los Angeles et Houston, Instacart compte poursuivre son expansion.

Le concept s’inspire de l’économie du partage : une fois que vous avez rempli votre panier virtuel en ligne, un particulier agréé « personal shopper » fait vos courses à votre place dans l’enseigne que vous avez choisie parmi la sélection Instacart (Whole Foods, Fairway, Costco …) et vous livre dans la foulée. Avec une infrastructure legère (pas d’entrepôts puisque les « personal shoppers » font vos courses dans des enseignes qui existent déjà), Instacart s’offre le luxe de vous proposer une livraison dans les deux heures pour 3,99 dollars (voire plus rapide pour plus cher si on est pressé : le site affiche un record de 12 minutes !).

Ce qu’on a aimé

Instacart permet de faire ses courses depuis chez soi dans des enseignes appréciées des consommateurs. En particulier la chaine bobo-écolo Whole Foods, première enseigne à avoir adoubé officiellement Instacart et qui se félicite d’avoir boosté ses ventes grâce à ce partenariat.

Le deuxième atout d’Instacart est son délai de livraison très court. Parfait pour ceux qui n’aiment pas planifier à l’avance ou les débordés, les paresseux ou les frileux qui ont besoin de remplir le frigo rapidement mais qui ont la flemme de sortir ou n’ont pas le temps de faire les courses au supermarché.

Ce qu’on n’a pas aimé

Un peu moins convivial que Fresh Direct ou PeaPod au niveau de la présentation du site, Instacart ne permet pas de savoir tout de suite si un produit est en stock ou non. Si vous l’acceptez, votre “shopper” peut appeler du magasin pour vous prévenir qu’il n’a pas trouvé vos crackers préférés et vous proposer de les remplacer par une autre marque. Mais sauf si vous êtes déjà un vrai New-Yorkais, une petite incompréhension de langue peut donner des surprises à la livraison !

Par ailleurs, si le coût de la livraison est très compétitif, Michelle Faulkner reconnait que la société « augmente les prix de certains produits pour compenser les coûts ». Face à des concurrents (Amazon Fresh, Google Shopping, WalMart etc) qui tentent au contraire d’écraser les prix, Instacart affirme réduire progressivement ces écarts, en commençant par le partenariat officiel avec Whole Foods : « Avec cet accord, nos clients paient le même prix que celui qu’ils paient en magasin » affirme Michelle Faulkner. Depuis d’autres enseignes (comme Costco, Fairway et Petco) ont signé des partenariats avec Instacart mais aucune communication n’a été faite par les signataires sur un impact pour le consommateur en termes de prix.

Pour en avoir le coeur net, nous avons mené une petite enquête comparative entre les prix pratiqués sur nos produits fétiches chez notre Fairway local (New York) via Instacart et ceux de l’incontournable new-yorkais Fresh Direct. Un paquet de quatre yaourts Activia à la vanille nous a coûté 3,29$  chez Fresh Direct contre 3,50$ chez Instacart mais une boite de lait Horizon 2% coûte 4,99$ chez Instacart contre 5,29$ chez Fresh Direct, un petit pot de Nutella 3,89$ chez Instacart contre 4,29$ chez Fresh Direct, un pot de glace Ben & Jerry “chocolate chip cookies dough” 4,89$ chez Instacart contre 4,99$ chez Fresh Direct et l’indispensable paquet de Petits Ecoliers 3,19$ chez Instacart contre 3,99$ chez Fresh Direct. Pour les New-Yorkais, Fairway reste donc au total moins cher sur ces produits, même en commandant de chez soi via Instacart. A vous de voir si c’est le cas avec votre supermarché local.