Stéphane Hessel, l’«intellectuel superstar»

Revue de presse. Stéphane Hessel, le plus jeune nonagénaire de France, s’est éteint à 95 ans le 26 février dernier.

La presse américaine se penche sur le parcours atypique de l’intellectuel français, devenu célèbre il y a seulement deux ans malgré une vie étroitement liée aux grands évènements historiques du XXe siècle.

Le New York Times souligne longuement à coup d’anecdotes le parcours mouvementé de cet homme engagé, depuis sa jeunesse passée  à Paris aux côtés d’intellectuels tels qu’André Breton, Jean-Paul Sartre ou Marcel Duchamp jusqu’à sa participation à la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, adoptée en 1948, lorsqu’il était diplomate auprès des Nations-Unies. Le quotidien précise ainsi que « l’artiste Marcel Duchamp a appris au jeune Stéphane à jouer aux échecs » et qu’il a rencontré Jean-Paul Sartre « à l’âge de 17 ans lorsque le philosophe publiait son premier livre ».

Pour le Huffington Post, c’est son rôle d’espion au sein de la résistance française ainsi que son emprisonnement au camp de Buchenwald qui caractérisent le plus Stéphane Hessel. « Il a fui à Londres pour entrer dans la résistance menée par le général de Gaulle mais retourna en France pour une mission d’espionnage en 1944 lorsqu’il fut arrêté par la Gestapo et envoyé au camp de concentration nazi de Buchenwald », relate le site. Le Washington Post résume la trajectoire de l’intellectuel français par ces mots : « Stéphane Hessel de France était un homme aux talents multiples ».

Le New York Times se penche également sur ce qui a fait la notoriété tardive de Stéphane Hessel : son bestseller Indignez-vous!, pamphlet que le journal qualifie de « phénomène international d’édition » mais aussi de « cadeau de Noël pour enfants issus de familles de gauche ».  Le Washington Post rappelle quant à lui que son pamphlet l’a fait passer de personne « anonyme » au rang de « intellectuel superstar en quelques semaines ».

Le modèle économique français pointé du doigt

Depuis la passe d’armes entre Arnaud Montebourg et l’homme d’affaires Maurice Taylor, les médias américains remettent en question l’efficacité du modèle économique français. Le Christian Science Monitor se demande ainsi : « L’économie française peut-elle encore rivaliser sur la scène mondiale ? ». Le site rappelle que si la France reste le « pays européen le plus attractif pour les entreprises internationales, la taille et la puissance de son économie n’ont fait que reculer depuis une dizaine d’années ».

De nombreux journaux se penchent sur la question de l’avenir de l’usine de Goodyear à Amiens pour remettre en cause l’efficacité du modèle français. La National Public Radio écrit sur son site que « l’échange (entre Arnaud Montebourg et Maurice Taylor au sujet des travailleurs de l’usine de Goodyear) permet de se demander si le tant adoré modèle français  pour l’emploi peut survivre à la mondialisation ». Pour l’Associated Press, repris par US News, les grèves à répétition des employés de Goodyear à Amiens sont  « vouées à l’échec (…) puisque le modèle de  l’emploi se basant sur de hauts salaires, de longues vacances et des semaines de travail plus courtes est de plus en plus remis en question au sein d’une économie faible ».

Mali : la question du maintien des troupes

La guerre au Mali continue d’alimenter la presse américaine qui s’interroge sur la capacité de la France à quitter le pays en juillet. Au regard de la réalité sur le terrain, le Washington Post doute de cette possibilité et rappelle que « le combat au sein des montagnes désertiques du Sahara est de plus en plus difficile et il y a une menace grandissante qui voudrait que les militants ne finissent par avoir recours aux attentats suicide, aux prises d’otages et à d’autres techniques de guérilla ».

Citant un diplomate français interrogé par Associated Press, ABC News relate que « la présence militaire française devrait rester encore au moins six mois ». Time se penche quant à lui sur la suite de la guerre au Mali : « La France a-t-elle une stratégie de sortie ?, titre le site. L’opinion publique française soutient largement l’opération au Mali mais pourrait facilement se lasser si (l’opération) prenait des allures de bourbier ». Il met surtout en garde la France contre un autre danger : celui de faire passer la guerre comme un moyen de renforcer sa présence au Mali. « Alors que les souvenirs d’intrusions poussées de la France concernant les affaires internes du Mali restent vifs dans l’esprit de nombreux Africains, le désengagement des troupes pourrait aider à apaiser les craintes selon lesquelles l’ancienne puissance coloniale rechercherait à rétablir sa présence et son influence dans la région sous couvert de l’intervention au Mali ».