Les start-up françaises et la tentation d’Austin

On connait la Silicon Valley sur la Côte Ouest, la Silicon Alley à New York. Mais depuis une vingtaine d’années il faut aussi compter avec les Silicon Hills du Centre du Texas, où des poids lourds comme Apple, Dell, Google, IBM, Facebook et Freescale Semiconductors ont élu domicile et où des startups comme RetailMeNot (coupons) ou HomeAway (location de vacances) ont grandi.

De Hong Kong à Dublin en passant par Santiago du Chili, le pôle technologique d’Austin est donc extrêmement sollicité. Et si les Français sont encore en train de placer leurs pions, ils sont déjà bien positionnés par rapport à d’autres pays. « La France est la cinquième source d’investissements étrangers directs au Texas », notait en effet Liz Wiley, la présidente du French American Business Council of Austin lors d’une présentation de l’écosystème austinite au French Tech Club pendant South by Southwest Interactive, en mars. « Trente-deux projets français représentant 5 % du total des investissements directs étrangers ont été enregistrés entre 2009 et 2013. »

Si la première startup internationale ayant élu domicile au sein de l’incubateur et accélérateur emblématique d’Austin Capital Factory est norvégienne (Kahoot!). Et que l’International Accelerator officiellement lancé par un Grec l’an dernier dans l’Ouest d’Austin reste surtout tourné vers son pays d’origine,  la scène digitale austinite devrait s’internationaliser rapidement. Capital Factory vient de lancer un programme, Touchdown, à destination des porteurs de projets innovants étrangers et la ville d’Austin a mis sur pied un programme de développement économique international.

Lors de leur passage à Austin pour South by Southwest, plusieurs startupeurs français ont manifesté leur intérêt pour Austin. « Moi qui suis un ancien d’IBM et suis venu à Austinà plusieurs reprises, je suis très tenté par la ville, maintenant que nous réfléchissons à créer une filiale aux Etats-Unis, qui sont notre premier marché », a ainsi déclaré le patron Catopsys, Daniel Duhaubout, venu presenter son expérience de réalité virtuelle Immersis.

Ayant passé une partie de son enfance à Houston, le nouveau PDG d’origine mexicaine de la plateforme de narration interactive RacontR Greg Sierra a également des raisons personnelles de s’intéresser au Texas. Mais ces deux startupeurs français reconnaissent avant tout le pôle technologique que représentent les Silicon Hills texanes, ses nombreux accélérateurs et réseaux de financement de projets innovants.

« Nous pensions nous implanter à New York, car c’est là que se trouvent la plupart des médias américains, mais en plus d’une scène technologique montante, Austin possède des studios de cinéma majeurs, et c’est la capitale mondiale de la musique live, donc c’est une ville mixte, proche de l’Amérique Latine, qui monte beaucoup dans notre domaine. Elle n’est pas trop en décalage horaire par rapport à la France et elle est à taille humaine», raconte Greg Sierra.

Pour l’heure, ce dernier n’a pas sauté le pas, mais il reste intéressé. Et ce ne sont pas 330 jours d’ensoleillement par an et un coût de la vie bien inférieur à ceux de San Francisco et New York qui vont le dissuader.