“Starbuck”: un père, des bébés et beaucoup de clichés

Agenda

 

Starbuck, avec Patrick Huard, Julie Le Breton et Antoine Bertrand

Sortie le 22 mars 2013

Angelika Film Center, 18 W Houston Street

Le film québécois « Starbuck » a été un succès au box-office en France (plus de 100.000 entrées la première semaine). Parviendra-t-il à séduire aux Etats-Unis où il sort le 22 mars ?

Le scénario du film de Ken Scott, réalisateur de Les Doigts Croches, sorti en 2009,  séduira ceux qui aiment les clichés et les bons sentiments. Car il en joue… beaucoup. David Wosniak, alias Starbuck, un éternel adolescent de 42 ans, découvre un jour qu’il est le géniteur de 533 enfants. La faute à une trop grande propension à vendre sa semence à une banque de sperme dans sa folle jeunesse. Rassurez-vous, l’argent recueilli par ces dons généreux a été utilisé pour une bonne cause: offrir un voyage à Venise à papa et maman. Tout allait bien dans le meilleur des mondes jusqu’à ce qu’il apprenne qu’une centaine de ses “enfants” veut le retrouver.

S’ensuivent plusieurs séquences de clichés à n’en plus finir et qui finalement ne parviennent pas à emballer le spectateur. Alors que rien ne le prédisposait à devenir père, David Wosniak, incorrigible égoïste, devient subitement l’ange-gardien de ses enfants. Comme il ne peut évidemment pas tous les rencontrer, il en choisit quelques-uns au hasard. Et comme le hasard fait bien les choses, il ne rencontre que des profils auxquels on s’attend dès le début du film : la star de football, la droguée, l’acteur raté, le chanteur de métro ou encore le handicapé. Vous vous en doutez déjà, Starbuck va tout faire pour rendre ses enfants heureux. L’acteur raté finit par décrocher le rôle de sa vie (rien que ça), la droguée finit par s’en sortir, et le chanteur par gagner mieux sa vie. Tout cela, bien sûr, grâce à David Wosniak, qui ne leur a toujours pas révélé son identité.

Au-delà des clichés, le film peine à nous faire décrocher une larme. Week-end camping-barbecue au lac et « hug » géant en guise de happy-end sont ainsi au rendez-vous de ce film archi prévisible. Bref, ce dernier baigne dans une sorte d’ambiance “bisounours” du début à la fin, qui lui enlève toute texture et relief. Seul moment “chaud” du film: le procès intenté par les enfants contre Starbuck pour qu’il révèle son identité. On pourrait se dire qu’à partir de ce moment, les relations entre David Wosniak et sa progéniture vont quelque peu se refroidir. Au contraire, ils sont tellement heureux de s’être fait berner qu’ils se réjouissent de le voir fonder une famille (car entre temps, David Wosniak devient papa de ce qu’il appelle « une vraie famille »). Ils se rendent tous à la maternité pour accueillir leur nouveau petit frère, fruit de l’amour, et non, comme eux, de la masturbation.

Le film soulève toutefois une question intéressante : le vide juridique autour de l’anonymat des donneurs. Si la province de Québec se positionne en faveur du maintien de l’anonymat, quelques provinces canadiennes, comme la Colombie Britannique, ont fait le choix de permettre aux enfants de connaitre l’identité de leur père biologique. “Starbuck” ne prend pas position dans ce débat houleux. Il voulait juste faire rire. C’est raté.

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Starbuck, avec Patrick Huard, Julie Le Breton et Antoine Bertrand

Sortie le 22 mars 2013

Angelika Film Center, 18 W Houston Street