Sophie la Girafe sauve la réputation de la France

De John Galliano et la liberté d’expression: la triste affaire du designer de Christian Dior tombe à pic pour la presse américaine qui en profite pour faire un peu de pédagogie sur les différences de conceptions radicales entre France et Etats-Unis sur cette question. C’est une décision de la Cour suprême de justice rendue la semaine dernière qui en fournit l’occasion. Saisie des manifestations d’une secte qui a pris pour habitude de huer les enterrements de soldats américains (au motif que ces morts seraient une punition divine pour la tolérance américaine face à l’homosexualité), la haute juridiction américaine a rappelé que la liberté d’expression devait primer: on ne peut interdire le plus intolérant des discours, s’il n’est qu’un discours.

Cette décision, remarque le Boston Globe, contraste nettement avec l’affaire Galliano qui, pour avoir déversé sa haine anti-sémite, “risque jusqu’à six mois de prison.” Aux Etats-Unis, il ne serait pas passé par la case prison, mais “le talentueux et troublant designer” tel que le qualifie le New York Times, aurait tout autant perdu son job…

Quand on ne parle plus de Sarkozy, un autre président revient sur le devant de la scène mais judiciaire cette fois. “Après des années à avoir profité de l’immunité présidentielle pour éviter toutes procédures légales, Jacques Chirac fait face à un procès“, écrit l’Associated Press. L’ancien président de la République est poursuivi dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Il est accusé de détournement de fonds, abus de confiance et conflits d’intérêt lorsqu’il était maire de Paris jusqu’en 1995 avant qu’il ne devienne président jusqu’en 2007. A 78 ans, Jacques Chirac est “le premier chef d’Etat français à comparaître en justice depuis que le chef d’état collaborationniste [Maréchal Pétain] a été condamné“, souligne l’AP.

Cette semaine, Newsweek consacre un long article à Anne Lauvergeon, présidente d’Areva, “le plus grand constructeur de réacteurs nucléaires au monde.” La journaliste dresse le portrait de cette femme de 51 ans dont le mandat à la tête du groupe nucléaire français prendra fin en juin prochain. Surnommée “Atomic Anne”, elle est abonnée depuis de nombreuses années à la liste des femmes les plus puissantes du monde du magazine Forbes. On peut lire dans Newsweek qu’Anne Lauvergeon “semble être la plus efficace au monde en matière de prosélytisme de l’énergie nucléaire”.  Anne Lauvergeon confie au magazine que “le faible prix du pétrole et du gaz c’est fini pour l’avenir […] le nucléaire n’est pas l’unique solution mais est une partie de la solution.”

L’actualité française de cette semaine est aussi plus légère. C’est avec une pointe d’humour que Slate.com s’intéresse de près au succès américain de Sophie la girafe “une icône nationale” en France devenue “l’article pour bébé le plus vendu sur Amazon.com“. Il se vend dans l’Hexagone quasiment autant de girafes que d’enfants naissent par an. Créée en 1961 en France, ce jouet permettant aux bébés de faire leurs dents arrive en 2001 aux Etats-Unis où il se vend alors mal. La faute peut-être à son prix élevé entre $18 et $25 même en ligne. Au cours de ces dernières années, les ventes ont cependant grimpées car “ce joujou pour élite devient un phénomène de culture de masse“. Le journaliste s’interroge, “comment une girafe en caoutchouc de 20cm d’Europe est-elle devenue omniprésente aux Etats-Unis ?“. Les clés d’un tel succès résident apparemment dans la qualité du produit fabriqué en France à moins que ce ne soit aussi une question de mode comme le laisse sous-entendre le journaliste : “Pour ceux avec un sens esthétique plus développé (et avec un accès plus régulier à une carte de crédit) un hochet  en matière naturelle et fabriqué en France a un certain cachet“.