Snipfeed : trois Français de Berkeley re-visitent l’actualité pour les jeunes

@AnasBouassami - de gauche à droite : Redouane Ramdani, Pierre-Habté Nouvellon et Anas Bouassami

Les jeunes et l’information, ça fait deux voire trois. Pour rendre les médias plus attrayants auprès de la génération Z (jeunes nés dans les années 2000), trois entrepreneurs français en herbe ont lancé Snipfeed, chatbot n°1 de Facebook Messenger en termes d’utilisateurs aux Etats-Unis en septembre pour ce qui est de la catégorie médias.

Cet agrégateur d’informations permet en effet aux jeunes utilisateurs de consommer l’actualité là où ils passent le plus clair de leur temps – sur les réseaux sociaux et les plateformes de messagerie. Derrière cette idée des plus novatrices se cache un trio de “vingtenaires” français, tout juste diplômés de l’UC Berkeley. C’est dans le cadre d’un cours de master sur la création de start-ups qu’Anas Bouassami (COO & co-fondateur), Pierre-Habté Nouvellon (CTO et co-fondateur) et Redouane Ramdani (CEO et co-fondateur) ont décidé de se lancer.

Aujourd’hui, le gros problème de cette génération, c’est qu’elle s’intéresse à l’actualité uniquement par le biais des réseaux sociaux, avance Anas Bouassami, ça peut être Snapchat, Instagram, Kik… Pour eux, ce sont des médias fiables. On s’est donc dit qu’il y avait quelque chose à faire.

Snipfeed adapte ses contenus en fonction des centres d’intérêt de son lecteur. “ On propose de la “Snip” qui correspond aux contenus que vous êtes susceptibles d’aimer sur Facebook. Cela peut être des quiz, des articles sur la mode ou le cinéma, le tout résumé en un titre, une illustration et une info principale… Il y a un vrai effort de cohérence de notre part qui se fait à l’aide de notre outil d’intelligence artificielle”, poursuit Anas Bouassami.

C’est grâce à cette utilisation optimum des fonctionnalités mises à disposition par les réseaux sociaux que Snipfeed a pu être promu par Facebook Messenger il y a deux mois. Pour Anas Bouassami, c’est un vrai atout. “Notre feature avec Messenger nous permet d’avoir une visibilité plus importante. Avec notre chatbot, on arrive à maintenir une audience continue chez les 15-25 ans et parfois même d’avoir de très bonnes surprises. C’est par exemple des jeunes au beau milieu de l’Oklahoma qui se mettent à lire des news du New York Times sur des sujets aussi divers que la Tech, l’Histoire ou la politique. 

Outre ce partenariat avec la société de Mark Zuckerberg, Snipfeed a reçu l’aide de deux accélérateurs locaux : The Refiners dans un premier temps, puis Skydeck. Cela lui a permis d’organiser une première levée de fonds d’une valeur de 200.000 dollars. Prochain objectif, monétiser l’utilisation de Snipfeed en créant du “brand content” et lancer une application indépendante d’ici mi-2019.

Pour cela, le trio recherche activement des investisseurs internationaux, de Paris à San Francisco en passant par la Chine. En diversifiant ses sources de financement, l’agrégateur d’informations augmente ainsi ses chances de s’implanter en dehors des États-Unis, marché principal pour le moment. Si le pays de l’Oncle Sam concentre la majeure partie des consommateurs de Snipfeed, le chatbot commence à se faire connaître dans le milieu universitaire français et aux Philippines, où Facebook reste le leader des réseaux sociaux.