Ségolène Royal, la Kennedy de France?

(Revue de presse) Ségolène Royal est-elle la JFK de la politique française? C’est le New York Times, qui dresse ce parallèle – osé – dans un article consacré à la sortie du livre de la socialiste, Cette belle idée du courage.

Le livre de Mme Royal, son dixième, est une série d’essais sur des personnages qui se sont illustrés par leur courage, de Jeanne d’Arc à Nelson Mandela et passant par des héroïnes féministes françaises comme Olympe de Gouges. « Avec son nouveau livre, l’ancienne candidate à la présidentielle Ségolène Royal essaie d’aller à l’encontre de ce que Le Point avait qualifié de « longue descente aux enfers », soutient le Times. « Depuis que Madame Royal a perdu l’élection de 2007 qui l’aurait faite la première femme présidente de France, la politicienne glamour (et) carriériste ne se la coule pas douce ». Pour dramatiser le sursaut de la présidente de la région Poitou-Charentes, le quotidien pousse la porte de la chambre à coucher. « Au moins cette fois-ci, le gagnant (de la présidentielle, ndlr) est un camarade socialiste : François Hollande, son compagnon de longue date et le père de ses quatre enfants. Mais depuis, Mme Royale l’a perdu aussi. Et une autre femme, Valérie Trierweiler, une journaliste de Paris Match, est maintenant la Première Dame de France. (Oui, elle a couvert (l’élection) de François Hollande pour le magazine ».

« Que faire ? La même chose que font les hommes politiques lorsqu’ils ont envie (ou besoin) d’attention : écrire un livre », analyse le quotidien, rappelant que Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient chacun publié trois livres avant leur succès aux élections présidentielles de 2007 et 2012.

Pour le Times, la ressemblance entre le retour de Mme Royal et celui de JFK est frappante. « Bien que le titre de son livre fasse penser à Profiles in Courage, dont l’auteur, John F. Kennedy, a remporté le prix Pulitzer, ce qui l’a aidé à accéder à la Maison Blanche en 1960, Mme Royal affirme qu’elle n’a pas entendu parler du livre de Kennedy avant la publication du sien. Son « courage » pourrait-il avoir le même effet sur sa carrière politique que celui qu’il a eu sur Kennedy ? », s’interroge le New York Times. « Cela serait « formidable », a-t-elle déclaré. En effet, Mme Royal estime que son prochain défi sera de « se reconstruire elle-même ». Et elle est « en train de gagner la bataille ». Prenant avantage de ses apparences médiatiques en faisant la promotion de son livre, elle s’est exprimée sur de nombreux problèmes, de la violence contenue dans le nouveau thriller d’Hollywood « Only God Forgives » jusqu’à son possible retour au gouvernement en tant que ministre ». « La stratégie du retour semble marcher. Mme Royal remonte dans les sondages (…) et est très demandée à la radio et à la télévision », conclut le New York Times, avant de la citer: « Les gens finiront par s’habituer à l’idée que j’existe ».

La France a une araignée au plafond

Le New York Times a décidemment une dent contre la France. Après la publication la semaine dernière d’une tribune incitant les jeunes Français à quitter leur pays, voilà que le quotidien publie un édito intitulé « Goodbye Old World, Bonjour Tristesse » sur le mal-être des pauvres Gaulois.

« La joie de vivre a fait place au nombrilisme, selon son auteure Maureen Dowd. Les Français sont tellement occupés à se complaire dans leur particularité existentielle (…) qu’ils n’ont même pas l’énergie d’être grossiers. Et maintenant qu’ils fument des cigarettes électroniques, leur ennui ne se refroidit pas. Ce n’est pas qu’ils ont perdu la foi en leur propre supériorité. Ils ont perdu la foi que le reste du monde le remarque. Tout le pays a (…) une araignée au plafond, décrit le quotidien. Et pendant qu’ils se disputent sur la façon d’avancer, ils restent piégés dans le passé ».

Il cite Philippe Manière, de l’entreprise Footprint Management, explique cet état de déprime permanent : « Les Français sont très conceptuels, très cérébraux. Nous avons besoin de plus que la nourriture et la télévision. En Amérique, ce n’est pas trahir un idéal de regarder la télévision toute la journée, en France si ».

Le Tour de France déraille

La morosité est tellement présente qu’elle gagne même le Tour de France. «Alors que le Tour de France vient de débuter pour ses 100 ans, il serait logique de penser que c’est une bataille pour sa survie », glisse The Christian Science Monitor , en rappelant que l’édition 2013 est la première depuis les aveux de Lance Amstrong.

La chaîne Fox News se moque gentiment du tour en énumérant les bourdes d’organisation dès la première étape. « Les coureurs du tour de France savent s’attendre à l’inattendu. Mais rien n’aurait pu les préparer à la pagaille de la première étape samedi, débute l’article. Pour la première fois dans l’histoire du tour, l’un des grands bus transportant les coureurs (…) est resté coincé sur la ligne d’arrivée (…) sous les échafaudages, incapable de bouger. Le timing n’aurait pas pu être pire : l’incident s’est produit alors que le peloton de tête arrivait à grande vitesse, à moins de 20 kilomètres ».

Même l’étape en Corse n’a pas séduit. « Au lieu d’être une journée difficile, pleine de pièges et de surprises comme les organisateurs l’espéraient, la troisième étape s’est révélée être un petit raté », écrit le Washington Post. « La Corse est peut-être l’ile de beauté de la France, mais les coureurs étaient heureux d’en finir le plus vite possible. Les routes sinueuses le long de la côte, (…) je suis sûr que cela fait de belles images depuis l’hélicoptère, a déclaré le favori Chris Froome, mais ce n’est pas ce qui nous intéresse ». « Il y a des jours, comme lundi, où le peloton décide que la priorité est d’aller d’un point A à un point B en sécurité, rentrer à l’hôtel, se faire masser, manger et dormir. Pour avoir du succès au Tour, la survie vient en premier».

Crédit : Sipa / SIPA USA