Pourquoi y a-t-il autant de moustiques à Washington D.C. ?

WikiCommons Maxime Raynal

Dès les premiers rayons de soleil après un orage, on sait à quoi s’attendre à Washington D.C. On prépare les sprays anti-moustiques et on se vaporise pendant plusieurs minutes, espérant pouvoir passer entre les piqûres. Sur les terrasses des bars, on pense aussi à la pauvre clientèle qui se fait dévorer en laissant des sprays disponibles sur les tables. Pourquoi y a-t-il autant de moustiques à Washington ? C’est la question bête de la semaine.

Pour des raisons de santé publique, notamment il y a deux ans avec Zika, les départements municipaux de santé préviennent les résidents et les encouragent à se protéger contre les moustiques en tout genre, pouvant être porteurs de maladie. 

Le docteur Vino DelVento, directeur exécutif des services vétérinaires de la réglementation sanitaire à Washington D.C., rappelle que “la ville a été construite sur un marécage”. “Qui dit espace vert, dit moustique”, souligne-t-il. On pense tout de suite au Rock Creek Park, qui réunit tous les ingrédients pour un nid géant de moustiques.

Un temps pluvieux, suivi par de chaleurs intenses et des zones d’eau qui stagnent augmentent le nombre de moustiques”, souligne le docteur Andrew Hennenfent, épidémiologiste des maladies zoonotiques au Centre de la politique, de la planification et de l’évaluation à la mairie de Washington D.C. 

Dans la presse locale, on parle souvent d’augmentation du nombre de moustiques. Début juillet, le Washington Post parle de “trois fois plus de moustiques dans le Maryland cet été”. Pour le docteur Andrew Hennenfent, “ce n’est pas qu’il y en a plus, c’est que l’on fait un meilleur travail de surveillance avec la menace de maladies depuis les années 2000”. 

En ce qui concerne les classements annuels, les deux experts municipaux n’y prêtent pas attention. Quand la chaîne locale Fox 5 explique que D.C. est la quatrième ville aux Etats-Unis la plus touchée par les moustiques, le docteur Vino DelVento explique que les classements sont créés “pour des raisons commerciales et de ventes” par des marques d’anti-parasites.

C’est un chiffre qu’il est vraiment difficile à mettre en évidence, car cela tient seulement au fait que plus vous avez d’espaces verts, plus vous avez de moustiques”, insiste le docteur Vino DelVento. Bien sûr, le climat de Washington D.C. est propice aux moustiques: il est chaud et humide”, rappelle le docteur Andrew Hennenfent.

Les habitants ne sont pas sans défense. “Il faut faire attention à ne pas laisser de l’eau stagnante autour de chez soi, ou des poubelles collectant de l’eau”, insiste le docteur Vino DelVento. Pour ce qui est de la protection personnelle, “il faut s’habiller avec des pantalons et des hauts à manches longues”, souligne le docteur Andrew Hennenfent, reconnaissant que c’est parfois difficile à 35 degrés celsius. “Trouver un répulsif approprié reste aussi une bonne solution”.