Un sapin-sex toy bien épineux

La place Vendôme, « l’un des plus beaux endroits historiques de Paris » selon Gawker, a accueilli un étrange visiteur vert sur ses pavés la semaine dernière, en prélude à la foire d’art FIAC: une étrange installation en forme de “plug anal”, à côté de la Colonne Vendôme, érigée par Napoléon. Un sacré choc des cultures qui n’a pas plu à tout le monde. Ce sapin / sex toy a déclenché de nombreuses critiques au sein des milieux catholiques conservateurs. L’artiste américain qui en est à l’origine,  Paul McCarthy, a été agressé et son oeuvre saccagée par des inconnus. Il a décidé de ne pas la réinstaller.

Cet épisode, qui a passionné la presse internationale, a trouvé écho aux Etats-Unis. Gawker ne comprend pas comment une telle chose peut se produire à Paris, « refuge pour les artistes du monde entier» et considère que les Français sont “coincés“. “Les Français n’ont pas aimé la Tour Eiffel non plus“, ajoute le site dans son article, avant le retrait de l’oeuvre.

Coincés“, c’est également l’adjectif utilisé par New York Mag pour qualifier les critiques parisiens de ce sapin ambigu. Le retrait de ce sex toy géant est une honte pour la France selon le New York Mag, et aurait même rendu Paris « moins magique ». Pour sa part, le site FrontiersLA observe non sans ironie que c’est « un peu tôt » pour mettre « des décorations de Noël ».

Le LA Times note que l’œuvre de Paul McCarthy a beau avoir disparu de la Place Vendôme, elle subsiste sur Internet, à travers de nombreux photo-montage et détournements. “L’installation est en train de devenir un mème populaire sur Internet“, écrit la journaliste.

Le Huffington Post américain rappelle, enfin, que Paul McCarthy est un habitué des travaux controversés (Blanche Neige porno, tas d’excréments gonflables…). C’est un “enfant terrible de l’art”. “C’est de l’art, McCarthy est un artiste et la FIAC est une foire d’art”, rappelle la journaliste, qui raconte que McCarthy voit “les plugs anaux comme des sculptures de Brancusi qui, en vert, ressemblent à des sapins de Noël”. Voilà une affaire bien épineuse.

Vous reprendrez bien un peu de foie gras ?

Pour Noël donc, si vous comptiez manger du foie gras, ne lisez surtout pas l’article du site Newsweek. Vous risquerez de ne plus jamais vouloir en manger.

L’enquête tombe quelques jours après une décision de la Cour suprême de ne pas examiner une plainte visant à supprimer l’interdiction du produit en Californie. Ce qui est largement justifié selon Newsweek, car cet “emblème” de la gastronomie française ne serait rien d’autre que « de la torture en boîte ».

Les auteurs racontent leur visite d’un élevage, à Bellevue Ferme, qui visiblement ne ressemble en rien à l’idée « bucolique » qu’ils s’étaient faits du sud de la France. Néons, odeur fétide, chaleur insupportable et minuscules cages dont la seule issue est le gavage. Une pratique qui, s’il elle était exercée sur un être humain, reviendrait à « lui faire ingérer de force 20 kilos de pâtes, deux fois par jour, pendant deux semaines ».

Newsweek raconte comment ces canards deviennent « muets », « stériles », « incapables de voler », et encore bien d’autres détails sordides… Pourtant, s’étonnent-ils, lorsqu’on regarde le site internet de l’industriel, « Bellevue a l’air d’un endroit idyllique ». Newsweek se rassure un peu avec Yves Camdeborde, chef cuisinier, qui, bien qu’étant un grand amateur de foie gras, trouve que « les méthodes de production industrielle sont une honte pour la nation ». Et il n’y a qu’à lire l’intégralité de l’enquête de Newsweek pour comprendre pourquoi. Ames sensibles s’abstenir.

Du champagne dès le berceau

Qui dit “fêtes de fin d’année” dit “sapin”, “foie gras” et « champagne ». Avec modération, bien sûr. Ce serait dommage de réduire en poussière les efforts du gouvernement français qui essaye de combattre le binge-drinking, pratique qui consiste à boire de l’alcool le plus vite possible, et en grande quantité.

Les Etats-Unis, pourtant très expérimentés en la matière, s’interroge sur notre consommation d’alcool. D’abord, en France, explique Vice, « les restrictions d’âge en matière d’alcool sont plutôt souples », et « les parents sont plutôt amusés quand leur enfant de 14 ans feint d’être sophistiqué en commandant un verre de vin rouge ». Parce que de toute façon, c’est bien connu, « enfants comme adultes sirotent du champagne avec leur steak-frites ». Pire encore, « il n’y a aucune loi concernant la régulation de la consommation d’alcool dans un cadre privé », ce qui permet aux moins de 18 ans de boire plutôt facilement.

Dans ce contexte, Vice trouve plutôt « drôle » que le gouvernement veuille prendre des mesures comme « rendre les emballages des bouteilles moins jolis ». Pour le site, le problème serait bien plus profond. Et ce n’est pas le Washington Post qui dira le contraire. Les étudiants français seraient incités à « boire en grande quantité » dès la rentrée scolaire, avec les journées dites « d’intégration ». Mais pour le journal, les adolescents ne sont pas les seuls concernés. En France « les enfants [aussi] boivent du vin ».