Saola, les chaussures qui font du bien à la planète

Guillaume Linossier pense grand pour ses chaussures. / Photo S.C.

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Le site de Saola

 

“L’industrie du textile et de la chaussure reste l’une des plus polluantes pour l’air et l’eau.” Soucieux de l’environnement mais regrettant “le côté rétrograde des écologistes”, Guillaume Linossier a décidé d’agir à son échelle, en partant du constat que l’offre de chaussures éco-responsables n’était pas assez grande. “Il n’y a rien d’esthétique à moins de 200 dollars qui est proposé sur le marché”, regrette-t-il.

Il imagine alors des souliers répondant à cette ambition (et de surcroît vegan). En février 2018, la marque Saola débarquait sur le continent américain. S’il a choisi le nom d’une antilope découverte au Vietnam il y a une vingtaine d’années, ce n’est pas un hasard : “j’aime l’idée que l’on découvre encore des espèces”.

Son projet est également le fruit d’un électrochoc: le lecture d’un article selon lequel les animaux présents dans les livres pour enfants auront bientôt disparu. Désireux de contribuer au changement de mentalité, comme de consommation, il décide alors de créer des chaussures destinées à être (à terme) 100% recyclables ou biodégradables “afin de réduire l’empreinte carbone des produits”.

Les quatre modèles (deux paires pour femmes, deux pour hommes) sont le fruit de mois de recherches pour arriver au produit le plus recyclable possible. Résultat, la colle à base de gélatine a été remplacée par une variante à l’eau, le tissu est réalisé à partir de matériaux recyclés quand les semelles sont synthétiques ou à base d’algues. “Il y a beaucoup d’innovations dans le monde des chaussures, mais trop souvent sur la performance. Avec Saola, on investit dans la recherche eco-responsable”, assure l’entrepreneur de 43 ans, qui fait appel à un designer français. Il les produit en Asie où il trouve davantage de matériaux innovants pour un coût raisonnable.

Produites en 5.000 paires pour la deuxième saison (fin 2018), elles sont commercialisées sur la côte ouest américaine (et notamment chez RET). “Aux Etats-Unis, ils sont plus concentrés sur les solutions que les problèmes, c’est mon état d’esprit.” Et c’est un marché que Guillaume Linossier connaît bien, puisqu’il a évolué chez Lafuma (vêtements pour l’extérieur) pendant 13 ans dans le Colorado avant de rentrer en France en 2015 pour repartir à zéro. Une campagne Kickstarter lui a alors permis de rassembler les fonds pour se lancer à petite échelle.

En dépit d’une faible concurrence, le défi reste imposant : “c’est un énorme puzzle où toutes les pièces doivent être assemblées au même moment”, avoue celui qui multiplie les allers-retours entre Annecy -où il s’est installé- et les Etats-Unis.

Destinées à des clients amateurs d'”outdoor”, elles ont connu un démarrage au-delà des attentes de l’entrepreneur français, qui se targue notamment d’en avoir écoulé “300 paires en six heures sur le site Huckberry. Après la côte ouest, elles seront bientôt disponibles dans l’ensemble des Etats-Unis, en Angleterre, au Canada et en Belgique.

Outre le développement de la collection, qui va s’étoffer, le Savoyard aspire à proposer des vêtements et des accessoires Saola. Bref, créer une marque de lifestyle complète. Pour cela, il aimerait séduire des investisseurs. En attendant, il peut se réconforter en apportant sa petite pierre à l’édifice environnemental en redistribuant 1% de son chiffre d’affaires à des projets de préservation de la faune sauvage.

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