San Francisco: une journée parfaite à Russian Hill

L’une des sept collines originales de San Francisco, Russian Hill est la destination idéale pour les bibliophiles, les amateurs de vues à couper le souffle, et les gourmands.

Si vous avez de la famille ou des amis de passage à San Francisco, une petite promenade sur cette colline s’impose, et permettra de rayer de la liste des expériences incontournables: prendre le cable-car (ligne Hyde-Powell), descendre les zig-zags de Lombard street, et peiner dans les côtes, en particulier la pente à 31,5% de Filbert street entre Hyde et Leavenworth.

Sur les traces de Kerouac et Armistead Maupin

En dehors des grands axes, la colline abrite de nombreuses contre-allées et ruelles où il fait bon se perdre. Dans cette petite maison bleu marine, au 29 Russell street, l’écrivain et poète beatnik Jack Kerouac séjourna au début des années 1950, chez son ami poète Neal Cassady. Il y écrivit « Visions de Cody », et retravailla le manuscrit de « Sur la route ».

Entre Jones et Taylor streets, parallèle à Union street, une petite allée nommée Macondray Lane serpente entre arbres centenaires, fleurs odorantes et fontaines au glouglou apaisant. L’écrivain Armistead Maupin s’en est inspiré dans ses « Chroniques de San Francisco », qui dépeignent de façon très réaliste la ville dans les années 70 et 80. Les protagonistes de ses romans vivent en communauté au 28 Barbary Lane, un havre de paix en pleine ville.

Pour (re)lire leurs aventures, direction le Russian Hill Bookstore, situé à quelques blocks de là, au 2234 Polk street : des livres, anciens ou neufs, des cartes, des jeux, et un rayon spécialement dédié à San Francisco. En passant, Smoke Signals, situé en face (2223 Polk), est le tabac-presse le mieux achalandé en publications françaises de la ville.

Prendre de la hauteur… et faire un tennis 

Russian Hill offre de nombreux points de vue exceptionnels sur San Francisco et la baie. Le sommet de la colline se situe au bout d’un cul-de-sac, sur Vallejo street, entre Jones et Taylor. Une plaque commémorative rappelle que la colline doit son nom à la découverte d’un cimetière russe datant de la ruée vers l’or. Une petite pelouse invite a la méditation, avec une vue à 180 degrés sur Telegraph Hill et le Financial District.

Un des secrets les mieux gardés de Russian Hill est la terrasse du San Francisco Art Institute, première école d’art fondée à l’ouest du Mississippi en 1871. Située sur Chesnut Street, entre Leavenworth et Jones, le SFAI jouit d’une vue exceptionnelle sur le front de mer. Pour admirer le ballet aérien des Blue Angels ou assister au feu d’artifice du 4 juillet tout en évitant la foule des grands jours, la terrasse est imbattable. En semaine, on peut même profiter du petit café de l’école. Une des salles près de l’entrée abrite une fresque monumentale, que le Mexicain Diego Rivera a peint sur place en 1930.

Pour les sportifs, les Alice Marble courts, sur Greenwich street, entre Hyde et Larkin, offrent quatre courts de tennis et un terrain de basket sur l’un des sommets de Russian Hill. Les balles de tennis s’envolent parfois au dessus du grillage pour rebondir sur les rails du cable-car, prix à payer pour jouer avec le coucher de soleil sur le Golden Gate Bridge en toile de fond. Tout en bas de Hyde Street, la plage d’Aquatic Park qui offre une halte reposante, à admirer les vieux gréements et les nageurs intrépides.

Une glace pour finir sa promenade

Quelques heures à arpenter Russian Hill vous ouvriront sûrement l’appétit. Zarzuela, Gary Danko, La Folie sont parmi les restaurants les plus réputés de San Francisco. A l’image de la ville, Russian Hill offre une grande diversité de cuisines, des saveurs thai aux sushi, du bar à huîtres aux empanadas argentines.

Nos adresses préférées ? Za Pizza, une pizzeria minuscule (1919 Hyde) fréquentée par les habitués du coin, et qui sert de délicieuses pizzas à pâte fine accompagnées de bières locales à la pression. Aux Délices (2327 Polk), un restaurant vietnamien savoureux, qui propose une cuisine authentique et pas prétentieuse dans un cadre plutôt raffiné.

Pour finir, Swensen’s, au coin de Union et Hyde street, sert des glaces et sundaes depuis 1948, et ses cônes faits maisons embaument délicieusement la rue. Bonne promenade, bonne lecture et bonne dégustation !