Au salon du bilinguisme, les langues se délient

- in English us

Je n’ai pas le droit de ne pas donner une éducation bilingue à ma fille“. Dans les allées animées du premier salon de l’éducation bilingue de French Morning, entre le stand d’une école américano-japonaise et d’une pre-school franco-américaine, on croise des parents comme Thomas Vandenabeele.

Français, marié à une Américaine, avec un enfant. En l’occurrence, Sophie, 16 mois, dans les bras de sa maman. “Si je parle français à ma fille,  c’est aussi parce que je tiens à avoir une relation privilégiée avec elle. J’adore l’anglais mais le français est ma langue maternelle. Et c’est important pour garder cette vraie relation père-fille.

Opportunités professionnelles, communication familiale, avantages cognitifs…: chaque parent a sa raison pour se tourner vers le bilinguisme. Quelle que soit leur motivation, ils avaient rendez-vous, samedi, à Hunter College à la “Bilingual Education Fair”, co-organisée par votre site favori French Morning, la French American Foundation et l’Ambassade de France. Huit cent personnes ont assisté à cette grande première, qui a rassemblé 70 exposants (écoles bilingues, organisations, éditeurs…).

Lors de l’évènement, French Morning a dévoilé son tout premier guide de l’éducation bilingue, qui recense 43 établissements et organisations qui proposent une éducation en français-anglais dans le Tri-State Area, ainsi que plusieurs articles sur les rouages du bilinguisme. Ce guide de la rédaction est destiné à aider les parents qui veulent élever leur enfant dans deux langues, à l’heure où le bilinguisme connait un regain d’intérêt aux Etats-Unis, à New York en particulier avec la multiplication de programmes bilingues dans les écoles publiques.

Plusieurs experts se sont succédé lors de tables-rondes, organisées en marge du salon. “Le monolinguisme, c’est l’illettrisme du XXIème siècle“, a déclaré Jeffrey Kluger, journaliste américain, lors de première discussion, sur le cerveau bilingue.

Ce père de trois enfants parlant couramment l’anglais, l’espagnol et le français a rappelé l’état de la recherche sur le sujet : les personnes bilingues sont “meilleures” pour gérer le multitâche, elles ont des capacités de raisonnement supérieures aux monolingues. De plus, le bilinguisme protège contre l’apparition de la démence, et maintient les capacités cognitives plus longtemps…

Un papa, dont l’enfant était scolarisé au programme bilingue de PS 84 (Upper West Side) a profité de la tribune pour exhorter les autres parents à démarcher les écoles pour ouvrir des programmes bilingues. “N’ayez pas peur, et ayez la foi. PS84 était une école où personne ne voulait aller à l’époque. On a monté ce programme en français, et tous les élèves qui en sont sortis ont eu leur premier choix de collège. C’est incroyable le pouvoir qu’ont les parents sur les écoles publiques américaines. C’est une chance. En France, ce genre d’initiatives serait impossible.

Plusieurs parents présents au salon se sont dits mal informés de l’offre bilingue à New York. Ce qui peut paraitre paradoxal, alors que celle-ci n’a jamais été aussi fournie. Pourtant, beaucoup sont prêts à tenter l’aventure.

Marina Le Rolle Catrevaux a inscrit ses enfants dans une école américaine du New Jersey, mais elle veut qu’ils rejoignent une école bilingue. “On parle déjà français à la maison mais il faut aussi qu’ils apprennent à lire le français, et ça, ils le feront à l’école“.

Pour Paul Smart, qui déambulait entre les stands avec sa fillette en ciré jaune, “choisir une école bilingue, c’est plutôt un état de fait qu’un véritable choix, dans le sens où nous, les parents, sommes français. On parle français, mais on vit aux Etats-Unis. Donc notre fille doit aussi pouvoir comprendre l’anglais. Elle va entrer en crèche américaine. Pour l’instant, elle est avec d’autres enfants, dont s’occupe une nounou. Elle ne parle pas encore vraiment donc on ne sait pas si elle mélangera les langues etc, mais déjà, elle nous appelle ‘papa’ et ‘mommy’.” Il faut bien commencer quelque part.

Par Jessica Gourdon, Perrine Signoret, Alexis Buisson / Photos: Emeline Cocq

 

 

- Services -
PARTAGER
Photo du profil de French Morning
La rédaction de French Morning est composée de plus d'une vingtaine de journalistes répartis à travers les Etats-Unis.
  • Alouette Communications

    C’était un salon excellent, Alouette a fait beaucoup de rencontres positives, on le refera l’année prochaine.

  • Es hat
    nur hängend an der Wand in einem enormen Druck und das ist es” Moncler Homme pas cher.

Article précédentAvec Gérard Collomb, New York mange du Lyon
Article suivantCristel à la conquête des cuisines américaines