Saint Vincent de Paul, c’est fini

Après plusieurs années de bataille, le sort de la petite église francophone de Chelsea Saint Vincent de Paul est scellé.

En février, la plus haute instance judiciaire du Vatican, la mystérieuse Signatura, a confirmé la décision de l’archidiocèse de New York de “désacraliser” l’église, inaugurée en 1868 pour permettre aux immigrés catholiques francophones de New York d’exercer leur foi. “La structure n’est plus une église, c’est juste un bâtiment que l’archevêque Timothy Dolan est désormais libre de vendre“, explique Peter Borré, l’avocat qui a suivi la procédure.

Selon l’expert, résumant la décision écrite en latin, la Signatura a justifié sa décision en affirmant que l’église ne remplissait plus sa mission auprès de la communauté francophone et que l’archevêché n’avait pas les fonds nécessaires pour son entretien, évalué à 3,6 millions de dollars. Des arguments que conteste Peter Borré qui fait valoir que “l’église était une plateforme pour tous les catholiques francophones de Manhattan”  et que “les fidèles étaient sur le point de lancer une campagne de fundraising mais on leur a dit de ne pas le faire” .

Aujourd’hui, Saint Vincent de Paul se dresse toujours au milieu de la bouillonnante 23ème rue. Mais pour combien de temps ? En 2013, l’archevêché a indiqué dans une lettre avoir reçu une offre d’achat d’une valeur de 50 millions de dollars. “L’acheteur s’est probablement retiré de la vente, avance Peter Borré. Mais cet emplacement est très intéressant pour un développeur immobilier. En revanche, c’est de la destruction de patrimoine à un moment où l’église catholique recule aux Etats-Unis. 

C’est un mystère. On ne sait pas ce qui va se passer” , indique pour sa part Olga Statz, responsable de l’association Save Saint Vincent de Paul. Qui s’inquiète de la préservation des trésors artistiques, comme les vitraux ou les fresques murales, qui demeurent dans le bâtiment. “Dieu a toujours le dernier mot” .