Rue Mercer veut rendre le chemisier sexy à New York

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Le site de Rue Mercer

Au 17ème étage d’un bâtiment du Garment District, sur la 35ème rue de Manhattan, la porte de l’ascenseur s’ouvre sur un atelier où des dizaines de petites mains s’affairent au milieu de rangées de robes colorées et de vestes suspendues.

C’est là que Julie Luyindula et Pamela Semmache font fabriquer les vêtements de leur nouvelle e-boutique, Rue Mercer. Leur spécialité: des chemisiers élégants et simples qui conjuguent style parisien et “edginess” new-yorkais. Leur seconde collection a été lancée en mars et les deux femmes, diplômée en stylisme et en histoire de la mode à l’Ecole du Louvre pour la première et mannequin professionnel pour la seconde, travaillent aujourd’hui à faire connaître leur jeune marque et développer les ventes. “On est trentenaires, mamans. On avait envie de faire quelque chose pour nous, d’être notre propre boss” , témoigne Julie Luyindula, qui a travaillé dans une galerie d’art spécialisée dans le dessin.

C’est le premier business que lancent ces deux Parisiennes dont les chemins se sont croisés à New York grâce à des amis communs. Julie Luyindula y est arrivée en 2013 avec son mari, le footballeur Péguy Luyindula (New York Red Bulls, PSG, OM…). Pamela Semmache est, elle, venue il y a dix ans pour sa carrière de mannequin. Rue Mercer est née d’une discussion entre les deux expatriées à l’hôtel Mercer, à SoHo, l’an dernier. “Je voulais passer de l’autre côté. Pendant les shootings, j’étais toujours avec les stylistes et je leur posais des questions sur les coupes, les tissus, le choix des matières, des boutons. En tant que cliente, passionnée de shopping, j’étais frustrée de ne pas trouver de marque qui faisait des chemises pour femmes toute l’année, pour le week-end ou pour les soirées par exemple, offrant une gamme de chemises large et variée” , raconte Pamela Semmache, mannequin chez Next.

Rue Mercer ne fait que des chemises mais veut les faire bien, quitte à mettre le prix. “On utilise du coton italien, plus fin et de meilleure qualité. Le filage a une meilleure tenue. On utilise beaucoup de soie aussi” , poursuit Pamela Semmache. Plutôt que de faire fabriquer leurs habits à l’étranger, c’est donc dans un atelier du Garment District que leurs produits prennent forme. “Le made in New York apporte de la qualité car il y a un vrai contrôle des ateliers et des employés. C’était important de travailler avec des adultes consentants et d’être sur place pour le contrôle des produits. Certains fabricants passent deux ou trois fois à l’usine. Nous, on vient tous les jours. On regarde chaque petite ficelle, chaque placement de bouton” .

Il y a des gens de talent à New York, qui travaillent bien et rapidement. Il n’y a pas non plus de coûts de transports et de temps d’attente pour recevoir les produits. Et on se dit que c’est pour nous une manière de rendre à New York” , ajoute Julie Luyindula.

Rue Mercer est entièrement auto-financé et les deux fondatrices préfèrent grandir sans investisseur pour le moment. Ouvrir une boutique n’est pas non plus d’actualité pour la marque, dont les ventes progressent. Les deux fondatrices privilégient plutôt la présence dans des grands magasins comme Colette ou Barneys. “Il y a des nouveaux designers qui prennent un emprunt pour faire une équipe pour tout: marketing, finances, création… C’est parti, on y va et c’est quitte ou double. Nous, on est plus prudentes. On fait tout de A à Z. La com, la création, le repassage, glisse Pamela Semmache. On apprend chaque facette du métier. Quand on aura des employés, on saura ce qu’ils devront faire” .

 

 

 

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