Rock et cinéma, la double voie de jumeaux

Fabien Hameline est un jeune Français de 28 ans qui a la niaque. Et comme ils sont deux, ils ont doublement la niaque. Fabien et son frère jumeau Sébastien se sont installés à Los Angeles il y a 6 ans pour percer dans le cinéma et le rock. Ca tombe bien, LA est la ville de prédilection dans ces deux domaines.

Très jeunes, les frères Hameline grandissent entre Paris et Los Angeles, avec un pied dans le cinéma. Le père sévit déjà à Hollywood en tant que réalisateur, et après un passage à La Sorbonne Nouvelle, les jumeaux s’envolent pour LA afin de goûter au gâteau cinématographique.

Fabien, en tant qu’assistant réalisateur, et Sébastien, en tant que chef opérateur, enchainent les projets. Beaucoup de courts-métrages, quelques longs. “Quand on était à l’école en France, c’était avant tout de la théorie. Dès qu’on est arrivé à LA, on a mis les mains dans le cambouis!”, s’exclame Fabien, le plus bavard des deux.

Si ils restent dans le monde du cinéma indépendant, Fabien et Sébastien acquièrent suffisamment d’expérience pour se lancer. Ils ont créé leur boite de production et réalisé leur premier long métrage cet été, un mockumentary sur les street racers qui sortira en DVD au printemps. “C’est l’histoire d’une bande de loosers extravagants qui ont vu Fast & Furious et veulent absolument faire du street racing à LA”, explique Fabien. La sortie du film – directement en DVD – est prévue pour cet été. “Réaliser un long métrage qui marche permet de se faire connaitre ici. Ca peut être un véritable tremplin”, assurent les deux frères.

Mais comme toute personne de “l’Industrie” du cinéma, Fabien et Sébastien ont une passion qui les occupe en dehors de leurs heures de travail : la musique. Ils ont fondé un groupe franco-américain, les “Ghost Robot”, où l’on discerne l’influence des grands groupes de rock mythiques des années 60 et 70 : Pink Floyd, Led Zeppelin, The Doors, Radiohead. Ils viennent à peine de finir l’enregistrement de leur premier album, sortie prévue courant mai.

C’est très difficile de se constituer un public ici à LA“, remarque Fabien, les lunettes légèrement teintées posées sur le nez. “Les gens sont frileux, et les salles mettent la pression pour qu’on remplisse, surtout sur Sunset boulevard”, poursuit-il, donnant l’exemple de la Viper Room, qui demande une garantie de 50 tickets vendus par concert. “C’est un peu dommage, car c’est vraiment le côté économique qui prime”, ajoute Sébastien, même style de lunettes.

En six ans, les jumeaux ont eu le temps de comprendre les rouages de cette industrie si convoitée. “20 000 acteurs déménagent et emménagent chaque mois à Los Angeles”, souffle Fabien, c’est dire si la concurrence est rude. Mais les frères Hameline ne regrettent rien, car “jamais ils n’auraient pu réaliser leur propre long-métrage si tôt” si ils étaient restés en France.

Reste que vivre à Los Angeles est loin d’être évident, même pour des Américains. “Ma copine, qui est Américaine, déteste LA!”, s’amuse Fabien. Le Parisien reconnait qu’établir des relations solides avec les gens prend plus de temps qu’en France : “On décèle tout de suite si une personne vous parle par intérêt ou non”, souligne-t-il. “Ce qui m’a frappé ici, c’est que les gens ne t’invitent jamais chez eux, même pour leur anniversaire! Ils préfèrent te donner rendez-vous dans un bar ou un restaurant plutôt que d’avoir à dévoiler leur intimité“, poursuit-il. “Les gens investissent tout dans leur voiture ici, dans les apparences. Mais montrer où on vit, c’est montrer réellement combien on gagne…”