Entre la France et les Etats-Unis, c’est “je t’aime, moi non plus”

Revue de presse. Quelques jours après la Saint-Valentin, les amours du président François Hollande intéressent toujours la presse américaine. Dans l’article « D’abord se marier, puis ensuite tromper l’autre », la journaliste Maureen Dowd du New York Times tente de comprendre pourquoi l’affaire Hollande-Gayet a eu autant de résonnance dans un pays qui d’ordinaire accepte les frasques sexuelles de ses politiciens.

Ce qu’elle nomme « paradoxe gaulois », s’explique par une chose simple : François Hollande n’est pas marié, et s’il l’avait été l’affaire n’aurait pas éclatée. Selon elle, le plus choquant est qu’il ait deux maîtresses et donc pas de « vraie femme qu’il puisse tromper ». Elle ajoute : « C’est déjà assez nul qu’il se cache sous son casque pour aller incognito sur un scooter italien en rendez-vous galant dans un appartement qui se situe à deux pas de l’Elysée et qui a des liens avec la mafia corse. Mais tout le monde en France, excepté Hollande, semble d’accord : vous ne pouvez pas installer une maîtresse à l’Elysée alors que vous avez une deuxième maîtresse. Cela ne se fait tout simplement pas ».

Voir: Colbert et l’affaire Hollande-Gayet

Pour la journaliste donc les rôles s’inversent. «Les Français ont passé tellement de temps à se moquer de notre puritanisme, et maintenant c’est à eux de ressentir la moquerie alors que nos journaux et nos comiques gloussent à la vue d’un homme politique médiocre embringué dans un mélodrame qui porte toute la charge érotique d’un vieux camembert »

Elle va même plus loin : « Pour beaucoup, le président français est perdant parce qu’il est si peu raffiné qu’il pourrait très bien être un Américain »

La complexité des relations franco-américaines

Le Washington Post choisit lui cette semaine de s’intéresser à la perception qu’ont les Américains des Français. Avec un titre sceptique : « Une étude indique que les Américains aiment de nouveau les Français, est-ce bien vrai ? », selon le quotidien, qui s’appuie sur un sondage de l’institut Gallup. L’auteur explique que depuis 2003, année à laquelle les Français se sont illustrés pour s’être opposés à la guerre en Irak, jamais les Américains n’auront vu les Français aussi positivement : 78% de vues positives contre 34% en 2003.

Mais l’auteur nuance ces résultats « Est-ce que la vision qu’ont les Américains des Français a réellement changé ? Je n’en suis pas si sûr. Les blagues sur les Français – une forme d’humour ethnique qui aurait été inacceptable s’il avait été dirigé envers n’importe quelle autre nationalité mais qui est largement tolérée aux Etats-Unis- existait bien avant 2003 et la période « freedom fries ».

Mais d’où vient donc cette relation complexe ? L’auteur explique: « certaines recherches affirment que ce qui devrait normalement rapprocher les deux Etats, comme les mêmes valeurs culturelles, des systèmes politiques très similaires, une histoire commune lors de la guerre du Vietnam et des guerres mondiales, sont en fait les choses qui les séparent le plus

En somme, ce qui empêche les deux Etats d’être proches, c’est une relation de constante compétition, alors que les deux pays semblent étrangement se ressembler : « Les deux ne peuvent pas être le premier, et les deux ne peuvent pas être le meilleur », résume le journaliste.

Washington, capitale française

Dans un autre article, et à l’occasion de la visite officielle de François Hollande, le Washington Post revient sur l’influence française dans la capitale américaine. L’auteur affirme que « les Français devraient se sentir à la maison ici, dans la capitale du pays qu’ils ont aidé à construire ».

Lire: Au “State Dinner”, Hollande dîne avec Colbert et Bradley Cooper

L’auteur continue sur les relations particulières de Washington et de Paris « même dans des périodes de tensions entre les deux pays, notamment pendant la présidence de De Gaulle, Jacqueline Kennedy se tourna vers un décorateur d’intérieur français, Stéphane Boudin,  pour décorer la Maison Blanche ».

Pour la construction et la réhabilitation de certains quartiers de la ville (notamment les parcs) conçue par Pierre Charles L’Enfant, les urbanistes américains se sont inspirés de Paris pour créer une ville  avec de larges boulevards et des immeubles tout sauf démesurés. « Les architectes ont essayé de faire de Washington l’égale de Paris en reproduisant notamment le système des égouts et ces derniers furent un grand cadeau d’hygiène fait à la ville ».

Il conclue en sommant ses concitoyens de célébrer l’influence française. «C’est un exemple de l’influence française pour laquelle tout le monde à Washington, y compris les diplomates et les personnalités qui ont participé au diner d’Etat mardi, devrait être reconnaissants.»