Le macaron, c’est plus ce que c’était

(Revue de presse) Dire que le macaron est devenu aussi banal que l’oreo, il faut le faire. C’est le New York Times qui fait cette sortie pâtissière pour le moins osée.

En France mais aussi maintenant aux Etats-Unis, le macaron “ a été à un moment le plus exquis des petits plaisirs, le cadeau le plus élégant que vous pouviez offrir ». Mais ce temps est bien révolu. « Il est désormais partout, aussi ordinaire qu’un Oreo“, écrit le quotidien, dans un  article consacré au petit trésor sucré. Au cinéma dans le film de Sofia Coppola “Marie Antoinette” ou dans la série new-yorkaise Gossip Girl, dans les McCafés de McDonald’s et avant la fin de l’année à SoHo dans la nouvelle boutique Ladurée: le macaron n’est plus une denrée rare. La journaliste, Elena Sciolino, résume bien la situation: “Certains sont bons, certains ne sont pas bons, certains ont du ketchup au milieu”. Bref, un vrai capharnaüm.

Même les pâtissiers les plus réputés en produisent désormais à la chaîne : la journaliste prend pour exemple les macarons de Pierre Hermé, qui comptent “parmi les meilleurs de Paris, “Ils sont maintenant fabriqués dans une usine (il l’appelle un atelier) en Alsace, et envoyé en France, à Tokyo, Hong Kong, Londres, Dubaï et bientôt Doha”, semble regretter la journalisteEt si le Français assure que tous les pâtissiers congèlent leurs macarons, la porte-parole de Ladurée, elle, préfère utiliser un autre vocabulaire: “Nous ne disons pas qu’ils sont congelés, ce n’est pas un très joli mot. Nous disons qu’ils sont en hibernation.” Faut-il s’inquiéter de cette évolution? “Avec une économie française qui s’enfonce, un pessimisme qui infecte la France comme une moisissure, la pâtisserie est devenu plus importante”, analyse la journaliste.

Paris, ce Bronx

La France attire toujours les touristes, mais elle pourrait faire beaucoup mieux. “Il n’y a pas de poubelles sur les Champs-Elysées, les grands magasins de Paris comme les boutiques et restaurants à travers le pays ferment le dimanche. Et les pickpockets grouillent à la tour Eiffel et au Louvre”: voici la France vue par ses touristes, selon le San Jose Mercury News“Depuis longtemps, la France a la réputation, particulièrement chez les anglophones, d’être un pays qui n’est pas facile à visiter”, écrit la journaliste. En raison notamment de nos “serveurs bourrus et nos commerçants à l’air supérieur.” Bien que la France soit le pays qui accueille le plus de touristes, ce n’est pas celui où les touristes dépensent le plus. C’est la raison pour laquelle, ajoute le journal, le gouvernement français s’est engagé à créer une “vraie politique du tourisme“, en changeant sa “réputation de snobisme” et en améliorant son “accueil“. Il faudra certainement commencer par lutter contre  les nombreux délits, les vols notamment, à Paris “pour lesquels la ville est désormais connue“… Ainsi que le rythme strict des heures de repas. “Le déjeuner est servi de midi à 14h et tant pis pour le touriste qui s’est levé tard et veut autre chose qu’un sandwich mou à 15h“, résume la journaliste.

La France fan de Jerry Lewis

Il semblerait aussi que nous soyons des fans invétérés de Jerry Lewis, selon Vanity Fair. Le journaliste Bruce Handy a assisté à la projection d’un des films de l’acteur et réalisateur américain dans le Quartier latin à Paris à l’occasion d’un festival qui lui était consacré. De cette expérience, le journaliste a tiré “une nouvelle évidence selon laquelle les Français aiment Jerry Lewis et prennent son travail très au sérieux“. Contrairement aux Américains? Il semble perplexe devant ”un public qui rit avec admiration aux gags les plus bébêtes et les bouffonneries les plus poussées.

Jerry Lewis, adoré des Français donc, aurait vu son film The Nutty Professor intégré à la Library of Congress’s National Film Register en 2004 en signe d’amitié pour la France. “Probablement comme une simple concession pour flatter les sensibilités françaises à un moment où les relations franco-américaines étaient à un niveau très bas”.

Crédit : reinhard sester/ddp images/ Sipa USA