Ilan Abehassera retrouve “la rage” de New York

Ilan Abehassera, à New York

La Californie, c’est fini. Ilan Abehassera, bien connu dans le milieu des start-ups françaises aux Etats-Unis, revient à New York et lance une nouvelle société, Insensi.

Le concept, encore secret, tourne autour de la “smart home”. Il travaille actuellement sur un outil grand public, sans en dire plus. “Ce secteur est un nouvel el dorado, c’est là où il faut être aujourd’hui. C’est plus compliqué que le software, mais c’est passionnant”, affirme l’entrepreneur.

Pour lancer ce projet, Ilan Abehassera a déjà levé deux millions de dollars, auprès de trois fonds et quelques business angels, français ou américains. Il a aussi fait venir quatre ingénieurs français. La petite équipe est installée à New York depuis le mois de septembre, et leur premier prototype est attendu pour 2015.

Ilan Abehassera avait quitté New York pour Palo Alto fin 2012, lorsque sa start-up, Producteev (un logiciel de gestion de tâches) a été rachetée par Jive Software. Il était alors parti, avec son équipe de sept Français, rejoindre le siège de Jive dans la Silicon Valley.

Chez Jive (une entreprise cotée au Nasdaq de 700 employés, 150 millions de chiffre d’affaires), Ilan Abehassera a continué de développer Producteev. “Le produit a poursuivi sa croissance, on est arrivé à 1,7 million d’utilisateurs, et on a doublé la taille de l’équipe. C’était une expérience enrichissante, et à titre personnel, comme j’ai trois enfants, une maison à Palo Alto et un travail nine-to-five, c’était parfait.”

Mais l’envie de passer à autre chose le démangeait. “Producteev est entré dans une phase plus opérationnelle, moins créative. Cela faisait quelques mois que je bossais sur la suite, et dès que j’ai levé des fonds je me suis lancé. On a décidé, avec ma femme, de rentrer à New York, car dans la Silicon Valley, on peut vite s’isoler, la vie sociale est plus compliquée”, affirme-t-il, depuis les bureaux de Midtown qu’il sous-loue à son ami Matthieu Nouzareth, patron de Freshplanet.

“Et puis, si les grosses start-ups et les fonds sont dans la Valley, l’énergie de New York est imbattable. Pour moi qui doit me lever le matin avec la rage, il n’y a rien comme cette ville. Certes, dans la Valley, tout le monde a de jolies voitures, de l’argent et de belles maisons, mais le cadre de New York, l’adversité que l’on y ressent, c’est cela qui me plait. Et c’est aussi plus proche de la France, et il facile d’y faire venir des Français.”

Ilan Abehassera, qui chronique toujours l’actualité des start-ups pour le Grand journal de New York de BFM Business et la chaine Ouatch, a aussi profité de cet interlude californien (et de l’argent gagné par la vente de Producteev) pour débuter une carrière d’investisseur“Je voyais tellement de Français qui venaient me voir pour me parler de leurs projets que cela m’a donné envie d’y aller – même si financièrement, ce n’est pas la meilleure chose à faire” dit-il en souriant.

Au total, il a mis de l’argent dans vingt sociétés, principalement des start-ups lancées par des Français aux Etats-Unis – “pour des premiers tours de table”, précise-t-il. Parmi ces start-ups figurent le calendrier Sunrise (qui a levé six millions de dollars cet été), ou encore Checkr, Wit.ai, Algolia, qui ont intégré le prestigieux incubateur Y Combinator. “Maintenant, j’arrête d’en ajouter de nouvelles. Je me concentre sur Insensi.” A suivre l’année prochaine.