Relooking total pour le Club Med de Floride

Alors que le Club Med fête cet été son soixantième anniversaire, c’est un chantier pharaonique -pas moins de 25 millions de  dollars, qui va dans quelques mois transformer le vieux Club Med de Port St Lucie, sur la côte atlantique, à une centaine de miles au nord de Miami.
Bouleversement architectural pour mieux servir un l’immuable sens de la convivialité cher aux habitués…

C’est un vieux village, en effet: construit en 1977, il a été racheté au groupe Hilton par le Club Méditerranée en 1985, et a constitué dans les années 90 un produit haut de gamme. Mais au fil du temps, ce qui était à l’origine un produit de luxe est devenu de plus en plus désuet, même si le niveau de la clientèle n’a pas baissé, même s’il a réussi à bien traverser la crise, et si son taux d’occupation aujourd’hui flirte avec les 85 %.
Et puis, durant ces années, le Groupe Club Méditerranée a lui aussi changé: En 2004, on tourne un peu le dos aux principes du fondateur, Gilbert Trigano. Une nouvelle stratégie voit le jour, qui va privilégier la qualité des prestations plutôt que le volume de la clientèle, tout en veillant à sa diversité. Les mots-clés deviennent: haut de gamme convivial et multi-culturel.
C’est dans cet esprit que le Sandpiper de Port St Lucie va entreprendre sa mutation.

L’ex prof de golf devenu patron

Dans quelques semaines, a partir du 21 août, le Club va fermer ses portes pour être livré aux pelles mécaniques des démolisseurs et aux grues des constructeurs. Le chantier est de taille, et son achèvement en quatre mois constitue un sacré pari, qui ne semble pas inquiéter outre mesure le manager, Jean-Marc Desy. Ce Canadien de 41 ans a fait toute sa carrière au Club où il était entré à l’âge de 20 ans comme… moniteur de golf!
Depuis, il a exercé toutes les fonctions dans une vingtaine de pays, il a travaillé pour un projet en Asie en 2004, il est passé par le siège parisien du groupe en 2006, et il tient par-dessus tout a ce qu’il appelle « l’esprit du Club », cette ambiance bon enfant dans laquelle on ne se prend pas au sérieux, cette « joie énergisante et contagieuse »… De l’énergie, il en déborde, ce chef de village qui nous reçoit en short et en t-shirt dans le bar, qui vole au secours d’une cliente a la recherche d’une prise de courant pour son portable, mais qui possède son dossier sur le bout des doigts. Manager, ok, mais G.O. avant tout.

Le Sandpiper est construit autour d’une baie, au bord de St Lucie River, mais, curieusement, on n’aperçoit pratiquement pas le cours d’eau… Ce sera donc le premier parti-pris des architectes français et américains en charge du projet: replacer le contexte hôtelier au cœur de son environnement aquatique.
Cela va se traduire par de nombreuses démolitions et la création d’une très vaste plage. Les restaurants seront relookés, comme le bar, complété d’un lounge a l’américaine, équipé bien sur d’une multitude d’écrans. La salle de fitness va passer de 60 a 650 m2, un espace pour accueillir les mariages va être créé, le cirque permanent va changer de place et  s’installer sous la future coupole du théâtre… Les enfants disposeront d’un mini-bar et de stations pour leurs I-pods! Le nouveau club-house de tennis est déjà terminé, le practice qui complètera le golf existant est en cours de construction, de nouvelles piscines dédiées aux adultes, aux familles, aux enfants ou aux entrainements seront creusées.

Piscines, golf, fitness, tennis: autour de ces quatre pôles, le Sandpiper veut afficher son excellence, en faisant venir, s’enthousiasme Jean-Marc Desy, «les meilleurs coachs d’Amérique du Nord!». Témoin la présence de Gabe Jaramilo, qui fut l’entraineur, entre autres, d’André Agassi, pour diriger l’académie de tennis. L’entrainement aux sports à haut niveau sera accessible aux clients du club, bien sûr, mais également a tout un chacun désireux de se perfectionner.
Et qui dit sport dit aussi nutrition. Le concept « Get fit! » prôné par le manager intègre cette autre dimension, et le Chef de cuisine, français bien sûr, est invité a privilégier les grillades et les légumes verts!

Le 18 décembre prochain, le Club aura changé de nom: le Sandpiper Bay ouvrira ses portes sur des bâtiments flambant neufs, sur ses 334 chambres, dont 80 auront été rénovées (les autres seront terminées a l’automne 2011). Au passage, et parce que le club aura grimpé dans la catégorie  “4 tridents”, les tarifs vont flamber de 15%. Cela ne devrait pas décourager la clientèle, estime Jean-Marc Desy. Une clientèle composée aujourd’hui a 80 % d’Américains, 15 % de Canadiens, et seulement… 5% d’Européens! C’est ce dernier chiffre que le Chef de Village voudrait voir évoluer: un défi chasse l’autre…

Photo: Aux abord de l’une des futures nouvelles piscines