France : une croissance qui en bave

Revue de presse. Crise économique et peut-être bientôt culinaire, ce sont, tout à tour la croissance de la France ou ses escargots qui sont menacés cette semaine !

Non l’État-Providence n’est pas responsable de la crise

Paul Krugman dans sa chronique du New York Times, s’est attelé à la la comparaison des économies américaines et françaises au regard de la récente étude du FMI sur les effets des politiques redistributives sur la croissance d’un pays. Et ce “libéral” revendiqué (au sens américain du terme, donc de gauche),  prend le contre-pied de l’idée selon laquelle l’État Providence freinerait la croissance économique et montre comment les choix politiques économiques de l’Hexagone sont victimes d’une mauvaise presse qui n’a pas lieu d’être si extrême.

Il reprend, dans un premier article, le rapport du FMI de février dernier, démontrant que les politiques de redistributions ne sont en rien un frein à la croissance, et auraient « peut-être même » un effet positif concernant la réduction des inégalités. Le ton est prudent mais la conclusion ferme : « Les données n’offrent aucune raison de croire que la crise économique a quelque chose à voir avec l’État Providence ».

Le prix Nobel d’économie compare ensuite dans un second article, les États-Unis et la France, « deux pays avancés qui ont clairement des niveaux de compétence technologique similaires mais qui ont fait des choix sociaux très différents, en particulier, la France qui non seulement est un pays qui redistribue beaucoup plus et qui  a élargi la spectre de la population qui en bénéficie au fil du temps, et a limité la hausse de l’inégalité globale à l’inverse des États-Unis ». Confrontant la santé économique des deux pays à l’aune de leur PIB, l’économiste constate que la France a une croissance inférieure aux États-Unis un résultat attendu mais « pas aussi catastrophique que leur mauvaise réputation aurait pu laisser présager ».

Encore faut-il convaincre le reste de l’Amérique ! Le Wall Street Journal est pour le moins sceptique quant à la reprise de la croissance en France et aux promesses de François Hollande :  «La Banque de France a laissé sa prévision de croissance inchangée pour le début de l’année, ses indicateurs de confiance n’ont montré aucune amélioration, et le bureau des statistiques de l’Insee indique que la production industrielle a chuté en Janvier, plombée par la baisse de la production d’énergie » avant d’ajouter que «ce que l’on appelle le «pacte de responsabilité » du président socialiste des chefs d’entreprise prend du temps à se matérialiser ».

La cuisine française fait couler de l’encre

Et l’économie n’est pas seule à traverser une période difficile.. la cuisine française aussi. Un ver en provenance d’Asie du Sud-Est menacerait l’approvisionnement en l’escargot de l’Hexagone, voilà ce que nous apprend le Los Angeles Times. Et le journal s’inquiète des répercussions possibles: « Imaginez ne pas pouvoir commander un plat tant convoité, ces escargots, trempés dans le beurre à l’ail dans votre restaurant français préféré ! ». C’est vrai que présenté comme ça, c’est assez terrible..

L’ouverture d’une boulangerie-pâtisserie  « absolument unique » ne peut être que… française !  Le site Citypost.com revient sur l’installation d’Isabelle et Vincent Koenig dans  le Connecticut, à Fairfield County : « Il s’agit d’une boulangerie-pâtisserie française authentique – une boulangerie où le propriétaire arrive chaque matin à 2 heures pour créer un assortiment incroyable de pains, quiches et pâtisseries ».

« C’est une entreprise ancrée dans la tradition, mais née d’une passion. Koenig est un boulanger de septième génération qui exploitait une entreprise prospère dans son Strasbourg natal, la France, avec sa femme, Isabelle, 18 ans avant que le couple ne décide de se lancer dans cette aventure » explique le journal. En 2007, Isabelle et Vincent et leurs enfants quittent tout pour « réaliser leur rêve », « sans même connaître l’anglais » .

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la clientèle semble conquise : « Absolument personne ne peut ramener la France à moi comme Isabelle et Vincent le font », atteste Anne-Elena Buckner de Westport, qui a passé les 25 premières années de sa vie à Paris. « C’est magique ».