Raciste et fermée le dimanche: vive la France!

Liewig Christian/ABACAUSA.COM

Revue de presse. Le timing a de quoi faire sourire plus d’un Américain: alors que les Etats-Unis se remettent de Black Friday, la France se demande si elle va autoriser ses magasins à ouvrir le dimanche.

Jean-Marc Ayrault ne l’a pas fait exprès: le retour de ce sempiternel débat très français, correspond à la remise au gouvernement du rapport Bailly, qui propose notamment de porter à 12 le nombre de dimanches travaillés par an et de réviser les zones commerciales où certains magasins sont déjà autorisés à ouvrir leurs portes le 7e jour de la semaine. Mais le Washington Post nous rassure: la France reste la France. Le débat reprend avec “réticence, note le quotidien. Le dimanche reste une pause chérie des Français, a rappelé le premier ministre” même si, le journal prend-il soin de rappeler, “le taux de chômage en France est resté bloqué au-dessus des 10% depuis mars 2012.” On va se retrousser les (di)manches…

Franco-turc, je choisis la Turquie

C’est ce genre de rigidités qui a incité Ali Koç run, un jeune franco-turc, à quitter la France pour Istanbul. Le magazine Forbes brosse son portrait dans un article intitulé “Des entrepreneurs nés en France rêvent en turc, embarquent pour Istanbul“. Né dans un village vosgien de parents turcs, formé en France,  Ali a décidé de s’installer en Turquie en 2010 pour ouvrir le premier bureau turc d’une société de matériel de salle de bain. “Je n’aurais pas eu ce genre de position en France, mais c’est possible en Turquie car on apprécie les travailleurs binationaux“, dit-il. Forbes a  également rencontré un autre Franco-turc, Yasin Seker, qui se rappelle lui que “ce ne sont pas uniquement les élèves de son école qui le voyaient comme étranger, mais le système dans son ensemble… quand il voulait prendre les jours fériés musulmans, son vœu était souvent accueilli avec résistance“.

La France raciste?

La France aurait donc un problème avec les étrangers? CNN pose la question sans détour: “la France est-elle raciste“? C’est le titre d’une tribune de la journaliste politique Agnès Poirier parue sur le site de la chaine. Elle revient sur les insultes racistes dont a été victime la ministre de la justice Christiane Taubira (ci-dessus), traitée de “banane” par une fillette lors d’une manifestation anti-mariage pour tous. “La France est un pays où l’on dit que les races n’existent pas, et que tout le monde appartient à la seule race humaine; C’est un pays où, contrairement aux Etats-Unis et la Grande Bretagne, la liberté d’expression a été réduite pour condamner la violence verbale et l’incitation à la haine sous toutes ses formes“, écrit-elle. Non, il ne fait pas beau être étranger en France en ce moment. Notant que “les catholiques traditionnalistes et les ultra-conservateurs” se voient comme de “nouveaux révolutionnaires“, l’auteure estime qu’ “à certains moments on se croirait dans les années 30“.

American in Paris

Rentrer ou ne pas rentrer en France? Telle est la question que se pose notre Américaine préférée dans le New York Times. Auteure de Bringing up Bébé, Pamela Druckerman réfléchit à ses dix années parisiennes et remarque que “même si Paris m’est devenue très familière, il y a toujours quelque chose qui me rappelle que je n’y appartiens pas, écrit-elle. L’autre soir, alors que je grondais une dame qui doublait la file au supermarché, j’ai remarqué qu’elle se moquait de moi, amusée par mon accent“. Ah le fameux accent! Les Français ne s’y font pas. “Lors de conversations en français, j’ai souvent eu le sentiment que quelque chose me frappait le crane.  Entourée de Parisiens, j’ai l’impression d’être 40% plus grosse, et 50% moins drôle.” Même si elle a passé une décennie à essayer de décrypter les Français, elle termine sa tribune sur un constat amer: “Je m’imagine aux Etats-Unis avec une armée de personnes qui pensent et parlent comme moi, qui partagent les mêmes opinions politiques, les mêmes références de camp d’été et de programmes TV des années 70. Mais le fait est que ce groupe est mon groupe. Je gravite autour de ces personnes à Paris aussi. La plus grande leçon que j’ai apprise à Paris en dix ans est que je suis profondément américaine“.